St-Etienne-du-Rouvray : retour sur le fil des évènements

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a fait le point mardi soir sur l'enquête sur l'attentat à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Un prêtre a été assassiné en pleine messe, un fidèle a été grièvement blessé. Un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique.

(François Molins a donné une conférence de presse mardi soir sur l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray © AFP/Geoffroy Van Der Hasselt)

Les faits se sont déroulés à 9h25 mardi matin. Deux hommes, munis d'armes blanches, ont surgi dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray pendant la messe, et pris en otage les six personnes présentes : le prêtre, trois religieuses, et un couple de paroissiens. L'une des religieuses est parvenue à prendre la fuite et à donner l'alerte.

Une négociation a été tentée avec les terroristes

"La Brigade de Recherche et d'Intervention et la Brigade Anti-Criminalité locales ont tenté d'entamer une négociation avec les terroristes à travers une petite porte latérale arrière donnant sur la sacristie ", a précisé le procureur de la République de Paris, François Molins. "Les policiers ont tenté une incursion, mais n'ont pas pu pénétrer dans l'église, car trois otages se trouvaient en position de rideau devant la porte ", a-t-il indiqué, avant d'ajouter que "peu après, les trois otages - les deux religieuses et la paroissienne - sont sorties de l'église, suivies par les deux terroristes, porteur pour l'un d'eux d'une arme de poing, en s'élançant sur les forces d'intervention aux cris de Allah Akbar. Les deux individus ont été neutralisés par la BRI ".

L'un des deux hommes avait, sur le ventre, un faux engin explosif en papier aluminium, et trois couteaux. L'autre tenait dans la main un minuteur entouré de papier aluminium et portait un sac à dos, à l'intérieur duquel se trouvait également un faux engin explosif.

Le prêtre, âgé de 86 ans, est mort, tué par des "blessures par arme blanche à la gorge et au thorax ", a précisé François Molins. Le paroissien, également âgé de 86 ans, a été blessé par arme blanche à la gorge, transporté à l'hôpital. Son pronostic vital ne serait pas engagé. François Molins a qualifié "cet acte terroriste ", revendiqué par l'Etat islamique, "d'innommable et d'une infinie lâcheté ".

Une enquête ouverte pour "association de malfaiteurs terroriste et assassinat en raison de l'appartenance à la religion"

Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'affaire et a ouvert une enquête, "pour association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes ; assassinat et tentative d'assassinat en bande organisée commis à raison de l'appartenance de la victime à une religion ; séquestration suivie de mort en bande organisée , séquestration sans libération volontaire avant le 7ème jour commise par plusieurs personnes en bande organisée, tous crimes en relation avec une entreprise terroriste", a précisé le procureur de la République de Paris.