Procès des attentats de janvier 2015 : un accusé malade, l'audience suspendue jusqu'à vendredi matin

L'audience a été interrompue jeudi matin, après le malaise de Nezar Pastor Alwatik. L'accusé doit subir un test au Covid-19. 

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A gauche, l'accusé Nezar Pastor Alwatik, prostré dans le box, le 23 septembre 2020 au procès des attentats de janvier 2015.  (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO)

Le procès des attentats de janvier 2015 pourra-t-il se poursuivre ? En pleine épidémie de coronavirus, l'audience a été suspendue, jeudi 24 septembre, en raison d'un accusé malade. Nezar Pastor Alwatik, 35 ans, a fait un malaise, alors que la cour d'assises spéciale entendait un enquêteur de la DGSI et diffusait une vidéo de revendication de l'attentat de Charlie Hebdo par un porte-parole de la branche d'Al-Qaïda au Yémen (Aqpa). L'accusé a été pris de vomissements dans le box.

Il était arrivé fiévreux au tribunal de Paris, jeudi matin, avec des maux de tête et des difficultés à respirer, selon son avocate, Me Marie Dosé. Des "symptômes qui peuvent inquiéter eu égard à la pandémie". Après avoir suspendu l'audience jusqu'à 13 heures, le président de la cour, Régis de Jorna, a annoncé que Nezar Pastor Alwatik avait été renvoyé vers la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis "pour qu'il puisse être examiné" et que l'audience reprendrait le lendemain à 9h30. "Nous aurons des éléments médicaux le concernant", a-t-il précisé. En l'occurrence, les éventuels résultats d'un test au Covid-19.

Un "risque latent depuis le début"

"Aurons-nous les résultats du test avant demain matin ? Si non, il n'est pas question qu’il revienne dans ce box", souligne Marie Dosé. "Toutes les dispositions médicales sont prises pour qu’on sache ce qu'il en est", répond le président de la cour. "Les dix autres accusés présents vont-ils être testés ?" demande l'avocate, pointant qu'ils ne l'ont pas été avant ni depuis le début du procès. "Nous verrons en fonction des éléments médicaux concernant monsieur Nezar Pastor Alwatik", indique Régis de Jorna.

Le conseil de l'accusé a d'ores et déjà prévenu : "Nous ne représenterons pas Nezar Pastor Alwatik à cette audience. Soit il est en état de comparaître, soit l’audience sera suspendue." Si un accusé absent peut être représenté par son avocat aux assises, ce dernier ne peut y être contraint. Et Marie Dosé exclut cette option dans un procès de cette ampleur. Un avis partagé par d'autres avocats de la défense. "Ce sont les accusés qui sont au centre de ce procès : il suffit qu'il en manque un seul pour que le procès soit suspendu", estime Me Safya Akorri auprès de l'AFP.

En outre, si Nezar Pastor Alwatik est testé positif, d'autres tests sur les accusés et leurs cas contacts, les escortes policières et les avocats notamment, devront être pratiqués. Si des quarantaines doivent être observées, le procès pourrait être suspendu pendant plusieurs jours.

"Nous savions très bien que c'était compliqué d'imaginer une audience se poursuivre pendant deux mois et demi en pleine crise sanitaire, explique Marie Dosé au micro de France Culture. Les gestes barrières ne peuvent pas être respectés. Moi, je parle avec mon client, certes à travers une vitre, mais comme je ne l'entends pas, je tends l'oreille, il s'approche de mon oreille, c'est comme ça depuis trois semaines. Ce risque, il est latent depuis le début."

L'audition de Peter Chérif reportée

Il en va de même pour les accusés entre eux. S'ils sont masqués, comme toutes les parties pendant le procès, ils sont assis côte à côte dans le box vitré, et partagent le même fourgon de l'administration pénitentiaire pour les aller-retours quotidiens en prison.

Cette interruption intervient à un moment charnière du procès : la cour a fini d'auditionner les parties civiles des attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper Cacher, et entamé l'examen des faits reprochés aux différents accusés. Dans l'hypothèse où l'audience pourrait reprendre vendredi, le président de la cour a précisé que le planning initial serait maintenu. Prévue jeudi après-midi, l'audition par visioconférence de Peter Cherif, le jihadiste français arrêté en décembre 2018 à Djibouti et suspecté d'être le commanditaire de l'attentat contre Charlie Hebdo, sera donc reportée à une date ultérieure. Actuellement, le procès est prévu pour durer jusqu'au 10 novembre.

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