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Procès de trois hommes accusés d'avoir torturé un homosexuel

La Cour d'assises de Seine-Maritime juge à partir de ce lundi trois hommes accusés d'avoir violemment agressé un jeune homme parce qu'il était homosexuel. Ils l'avaient laissé pour mort à côté de sa voiture en feu. Deux de ses agresseurs sont accusés de tentative de meurtre et d'actes de tortures et de barbarie à l'encontre de la victime, en raison de son orientation sexuelle. Le troisième est poursuivi pour non empêchement d'un crime et non assistance à personne en danger.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
 (Ministère de la Justice/SCICOM/Chrystèle Lacène Autre)

Le 26 septembre 2009 ce sont des automobilistes qui trouvent Jérémy. Au
bord de la route, le jeune homme de 25 ans est nu, une grande partie du corps
brûlé et portant de nombreuses traces de coups. Il confie avoir été agressé dans la forêt de la Londe, au sud de
Rouen, connue comme lieu de rendez-vous de la communauté homosexuelle. Trois
hommes l'auraient emmené dans une voiture. Il aurait alors subi agression sexuelle, coups et insultes homophobes.

Interpellés
en février 2011, les trois agresseurs présumés, Steve Belleau, Stéphane Benaïssa
et Farid Ait Ali ont indiqué aux policiers qu'ils avaient été "énervés"
par la victime qui leur aurait fait un appel de phares, interprété comme une
invitation à une rencontre homosexuelle. Les trois hommes qui avaient beaucoup bu,
selon leurs dires, auraient alors décidé de jouer le jeu en répondant à ses
appels pour lui tendre un piège pour "casser du pédé" .

Procès de
la barbarie

Le
caractère homophobe de l'agression ne fait aucun doute pour le ministère public.
Au cours de sa garde à vue, Steve Belleau a reconnu les faits en évoquant *"l'aversion"

  • que lui inspiraient les homosexuels. L'avocat de Jérémy préfère parler du
    "procès de la barbarie" . D'ailleurs Steve Belleau et Stéphane Benaïssa
    ont été mis en examen pour "tentative d'homicide volontaire" et "tortures
    ou actes de barbarie à raison de l'orientation sexuelle de la victime"
    .

De son côté,
Farid Ait Ali, dont le rôle a été minimisé par ses camarades est poursuivi pour
"non-empêchement de crime" et "non-assistance à personne en danger" .
Les deux premiers risquent la réclusion criminelle à perpétuité et le troisième
une peine de cinq ans de prison, à l'issue de ce procès prévu pour durer jusqu'à
vendredi.

 

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