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Procès de la filière djihadiste "de Strasbourg" : "On a voulu rentrer..."

Quatrième jour ce jeudi du procès des sept jeunes Strasbourgeois jugés pour être partis en Syrie, fin 2013. Mercredi, les juges ont surtout cherché à comprendre leur parcours précis de Strasbourg à Alep.
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Radio France
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 (Les sept prévenus sont passés par la Syrie. L'un d'entre eux est le frère d'un des kamikazes du Bataclan, qui était lui aussi passé par cette "filière de Strasbourg" © Sipa)

 Parmi les sept prévenus, Karim Mohamed Aggad, le frère d’un des kamikazes du Bataclan. Il sera longuement interrogé ce jeudi après-midi, à la reprise de l’audience. Mercredi, les juges ont surtout cherché à comprendre le parcours précis des sept Strasbourgeois en Syrie, fin 2013 et début 2014. 

Cours religieux et entrainement à la kalachnikov 

Les sept prévenus racontent leur prise en charge immédiate dans un camp d’entraînement de l’Etat islamique en Irak et au Levant près d’Alep. "On n’a pas choisi le groupe" , jurent-ils. L'entraînement a commencé le jour de Noël 2013.

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Lever chaque matin vers 5h pour la prière, cours de récitation des sourates du Coran, un œuf au petit déjeuner, puis des cours sur les armes. "Mais les cours étaient en arabe, on ne comprenait rien ", dit un prévenu qui affirme qu’il n’a tiré qu’une fois à la kalachnikov. Selon lui, les tireurs étaient sélectionnés sur une liste. 

 

"On était 200 dans le camp, il n’y avait pas assez de munitions pour tout le monde"

D’autres prévenus assurent qu’ils n'étaient pas sur cette fameuse liste et n’ont jamais tiré. Karim Mohamed Aggad ajoute : "On était 200 dans le camp, il n’y avait pas assez de munitions pour tout le monde ". Miloud Maalmi, ancien joueur de foot professionnel en Allemagne, évoque lui, des sévices humiliants subis, parce qu’il ne voulait pas s’entraîner. 

Attaque surprise à Raqqa 

Au bout de deux semaines de camp, départ en catastrophe pour Raqqa, à trente sur un pick-up, deux frères Strasbourgeois meurent dans une attaque surprise. "On est tombé de haut, on a voulu rentrer " ; dit un de leurs copains dans le box. "Rentrer, sincèrement ? ", demande la présidente, qui confronte un prévenu à une conversation  téléphonique où il disait : "Pourquoi tu veux que je retourne chez ces kouffars (les mécréants), si je rentre en France, ils vont m’enfermer ! " Embarrassé, le prévenu explique qu’en Syrie, il ne pouvait pas parler librement au téléphone. "Je disais ça parce que c'est la propagande de l'Etat islamique ".

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