"Je n'ai jamais eu dans ma vie sexuelle des scènes à trois, à quatre" : accusé de viols, Georges Tron clame son innocence devant les assises

L'ancien secrétaire d'Etat a admis ne pas être "un saint", mais nie toute relation sexuelle avec sa coaccusée, l'ancienne adjointe à la Culture Brigitte Gruel.

L\'ancien secrétaire d\'Etat Georges Tron, le 23 octobre 2018, au palais de justice de Bobigny.
L'ancien secrétaire d'Etat Georges Tron, le 23 octobre 2018, au palais de justice de Bobigny. (MAXPPP)

"Je n'ai jamais essayé de passer pour un saint." Pour ses premières explications devant la cour d'assises qui le juge depuis trois semaines, lundi 12 novembre, l'ancien secrétaire d'Etat Georges Tron a admis ne pas être "un saint" mais a clamé son innocence face à deux ex-employées de sa mairie de Draveil qui l'accusent de viols.

Ces deux femmes, Virginie Ettel et Éva Loubrieu, accusent Georges Tron et son ancienne adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, de leur avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010 lors de relations à trois. "Je n'ai jamais eu la moindre relation sexuelle avec Mme Gruel. Je n'ai jamais eu dans ma vie sexuelle des scènes à trois, à quatre", a déclaré Georges Tron, dos droit, voix forte, col de chemise ouvert sous sa veste sombre.

Entendue elle aussi lundi pour la première fois sur le fond, Brigitte Gruel a également nié toute relation intime avec son coaccusé et les deux plaignantes. Cette affaire avait contraint Georges Tron à démissionner de son poste de secrétaire d'État à la Fonction publique en mai 2011.

"Je ne me flatte pas d'avoir trahi la confiance de mon épouse"

Face aux accusés, le président de la cour d'assises, Philippe Coirre, met en garde : plusieurs témoins ont rapporté qu'il y avait un "climat sexualisé" à la mairie "qui pourrait rendre plausibles les scènes décrites" par les plaignantes.

Le maire (LR) de Draveil depuis 1995 reconnaît uniquement un "flirt" avec une ex-attachée parlementaire et une relation extraconjugale – toujours en cours – avec son adjointe à l'Urbanisme Sylvie Doncarli. "Cette affaire m'a conduit à voir toute ma vie personnelle étalée sur la place publique. Je ne me flatte pas d'avoir trahi la confiance de mon épouse", a-t-il expliqué. 

A tour de rôle, le président de la cour d'assises, l'avocat d'Eva Loubrieu, Loïc Guérin, et l'avocat général ont rappelé à Brigitte Gruel qu'elle pouvait se désolidariser du maire. "Il n'est jamais trop tard pour revenir sur certaines déclarations, avouer des choses", a glissé Me Guérin. L'audition de Georges Tron doit se poursuivre mardi. Le verdict est attendu jeudi.