Le fondateur de PIP de retour dans la production de prothèses ?

Au cœur du scandale des implants mammaires défectueux, Jean-Claude Mas, patron de Poly Implant Prothèse, figure dans l'organigramme d'une entreprise créée au nom de ses enfants pour vendre des implants low-cost. 

Jean-Claude Mas, fondateur de la société d\'implants mammaires PIP, est mis en cause dans un scandale de prothèses défectueuses, à la Seyne-sur-Mer (Var), le 17 janvier 2001.
Jean-Claude Mas, fondateur de la société d'implants mammaires PIP, est mis en cause dans un scandale de prothèses défectueuses, à la Seyne-sur-Mer (Var), le 17 janvier 2001. (ERIC ESTRADE / AFP)

Jean-Claude Mas, fondateur de la société de production d'implants mammaires Poly Implant Prothèse (PIP), pourrait se relancer dans la production de prothèses, selon une information de Nice-Matin/Var-matin

PIP a été mis en liquidation judiciaire en mars 2010 après que l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a mis au jour l'utilisation d'un gel industriel non autorisé pour la fabrication des implants.

Malgré cela, Jean-Claude Mas apparaît dans l’organigramme d'une nouvelle entreprise créée en juin au nom de ses enfants, Nicolas et Peggy Lucciardi, la société France Implant Technologie (FIT). Celle-ci a élaboré un plan de relance de la production à La Seyne-sur-Mer (Var) et un programme de reconquête des marchés internationaux.

Mais la société, domiciliée chez l'ex-compagne de Jean-Claude Mas, à Six-Fours-les-Plages (Var), n’aurait "aucun rapport avec Jean-Claude Mas et PIP" allègue Nicolas Lucciardi, selon Elle.

L'homme apparaît cependant sur ces documents en tant que "consultant pour FIT" et "créateur de génie, 30 ans d’expérience dans les prothèses mammaires, consultant technico-commercial". Ses enfants sont, précise l'hebdo féminin, les seuls actionnaires de la nouvelle entreprise. Var-matin indique par ailleurs que deux anciens cadres de PIP occupent les fonctions de "responsable qualité et réglementaire"  et de "responsable de la production".

Une entreprise qui compte "vendre plus de 60 000 implants" low-cost par an

Selon des documents déposés au greffe du tribunal de commerce et datés du 29 septembre 2011, l'objet social de FIT est "la conception, la fabrication et la commercialisation de matériel médico-chirurgical et dentaire".

Le business plan de FIT, que se sont procuré Elle et Var-matin, propose de "vendre à très court terme plus de 60 000 implants par an". "A ce jour, nous disposons des locaux de production, du matériel de production et d’une implantation en zone franche" et "les partenariats commerciaux noués", précise le document confidentiel.

Selon Var-matin, FIT "vise explicitement le marché sud-américain, asiatique (…) et les pays limitrophes (Angleterre, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne)". La France n'est, en revanche, pas citée. "Nous obtiendrons le certificat de libre vente début juin et nous pourrons exporter nos produits vers la Chine et l'Europe le même mois", indique le document.

FIT "promet des tarifs plus bas de 10 % par rapport à ceux de la concurrence et des coûts de production inférieurs de 30 %", rapporte le quotidien. Cet argument avait fait de PIP le n°3 du marché mondial des prothèses mammaires, mais "l'avait aussi poussé à utiliser un gel non-conforme", rappelle Var-matin.

Le projet "ne verra pas le jour"

Interrogée par Elle, Murielle Ajello, présidente du Mouvement de défense des femmes porteuses d'implants et de prothèses, signale que "Nicolas Lucciardi aurait même fait une demande de financement pour l’innovation auprès de la région Paca."

Et d'ajouter que "Jean-Claude Mas (…) n’a pas été sanctionné par le tribunal de commerce ni mis en examen et peut continuer à fabriquer des prothèses, en utilisant ses enfants. C’est plus que scandaleux".

Contacté par Elle jeudi 29 décembre, Nicolas Lucciardi a expliqué que "ce projet ne s’est pas concrétisé en raison, c’est évident, du tapage médiatique" autour du scandale des prothèses défectueuses PIP. "Il est complètement tombé à l’eau (…) et ne verra pas le jour", a-t-il assuré, précisant que c'est lui, et non son père, qui est à l'origine du projet.