Nicolas Sarkozy mis en examen : et maintenant ?

La mise en examen de Nicolas Sarkozy a sérieusement assombri les perspectives de son retour en politique annoncé. Si à gauche, comme à droite, on ne cesse de rappeler le principe de présomption d'innocence, plusieurs questions se posent sur ses fonctions actuelles ou à venir...

(Yves Herman Reuters)

Doit-il quitter le Conseil constitutionnel ?

C'est ce que réclame Noël Mamère, le député-maire EELV de Bègles : "Quand on est mis en examen, c'est une question de principe ", argumente-t-il. Nicolas Sarkozy, comme Jacques Chirac ou VGE, en est membre de droit à vie en tant qu'ancien président. Même s'il n'y siège plus, puisqu'il l'a saisi au sujet du rejet de ses comptes de campagne.

Mais la démission n'est pas un cas de figure prévu pour les membres du Conseil constitutionnel. Il en va pourtant, selon Noël Mamère, de "la morale publique et de la crédibilité du Conseil constitutionnel ". 

Peut-il revenir en politique ?

Dans sa ville de Neuilly-sur-Seine, on croit dur comme fer à son retour. "Si son ambition est de revenir, je ne pense pas que [cette mise en examen] puisse le gêner , estime un ancien adjoint de la ville, Jacques Schleffer, qui a travaillé avec lui pendant 25 ans. Les faits risquent d'être inverse, il va passer pour une victime, parce que les Français n'aiment pas qu'on s'acharne trop longtemps contre quelqu'un ". 

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"On le défend, mais on est tous très emmerdés" (Un ancien ministre UMP)

Mais si les Neuilléens, comme l'UMP dans son ensemble, font bloc derrière l'ancien chef de l'État depuis l'annonce de sa mise en examen, c'est davantage par "réflexe ", analyse un député et ancien ministre. On a tous été ses collaborateurs à un moment ou un autre, donc on le défend. Mais on est tous très emmerdés, parce que certains y vont un peu forts contre le juge Gentil ". 

D'autres enfin tirent déjà des plans sur les comètes. Notamment chez les Fillonnistes. Car si Nicolas Sarkozy, tout à ses démélés judiciaires, finit par ne plus apparaître comme le meilleur recours à droite, François Fillon est le second sur la liste des personnalités de droite préférés des Français. 

Doit-il faire profil bas ?

Le chef de l'État semble avoir choisi la contrattaque. Selon son avocat, Me Herzog, il juge "scandaleux" le traitement qui lui est fait et n'entend manifestement pas en rester là. Le défenseur entend d'ailleurs contester cette mise en examen devant la cour d'appel de Bordeaux. Il a également demandé vendredi au parquet de Bordeaux de rendre publics certains éléments de la confrontation entre Nicolas Sarkozy et les membres du personnel de Liliane Bettencourt pour "éviter , dit-il, la propagation d'informations parcellaires et inexactes ".