Nancy : la vidéo de l'expulsion d'une famille fait polémique

La vidéo diffusée sur Internet montre une famille interpellée à l'aube par des policiers pour être reconduite à la frontière. Le Parti socialiste et plusieurs associations critiquent les conditions de l'intervention.

(Photo d'illustration. © MAXPPP)

 La vidéo montre l'interpellation d'un couple d'Arméniens et de leurs deux filles de sept ans et huit mois par des policiers venus les chercher à l'aube au Centre d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile de Nancy. Filmée par un autre résident et diffusée sur internet, la scène survenue mardi provoque la colère de plusieurs associations et du Parti socialiste, qui critiquent les conditions de l'interpellation.

"Les policiers ont demandé au mari de les suivre librement, en promettant de ne pas toucher au reste de la famille, raconte l'avocate du couple Brigitte Jeannot. Mais après leur départ, une partie de l'escorte est restée sur place et a forcé la porte pour interpeller l'épouse et les enfants ".

La violation d'une promesse présidentielle

Sur la vidéo, diffusée par l'association Réseau éducation sans frontières (RESF), on distingue la mère de famille qui se débat alors qu'elle est emmenée par les policiers sous les yeux de ses enfants. Les deux petites filles ont ensuite été placées dans un Centre de rétention "qui n'est pas équipé pour recevoir des bébés de huit mois ", souligne RESF, qui estime qu'il s'agit d'une "parfaite violation de la promesse présidentielle de ne plus placer d'enfants en retention ".

Le Parti socialiste souhaite lui que le gouvernement fasse la lumière sur cette affaire, et s'interroge dans un communiqué sur les méthodes utilisées. "On ne peut traiter de la sorte des personnes, en particulier lorsque leur seule faute est de n'avoir pas de titre de séjou r". Arrivée en France en 2011, la famille faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français délivrée en août 2013.

L'avocate de la famille a saisi en urgence le tribunal de Nancy pour contester l'expulsion. Au cours de l'audience, qui a eu lieu jeudi après-midi, le représentant de la préfecture de Meurthe-et-Moselle a estimé que "les conditions de l'interpellation [étaient] celles que les intéressés ont bien voulu créer" et que "la force utilisée [avait] été strictement nécessaire et proportionnée ". La famille est arrivée en Arménie mercredi soir, et la décision du tribunal a été mise en délibéré.