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Mediator : des salariés de Servier en garde à vue pour destruction de preuves

Alors qu'une perquisition est en cours à Suresnes (Hauts-de-Seine) au siège du groupe Servier, des collobarateurs de laboratoires sont entendus "au sujet de documents passés à la broyeuse".

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Un boîte de Mediator. En France, ce médicament a été retiré du marché en 2009. (CITIZENSIDE.COM / AFP)

C'est un nouvel épisode judiciaire dans l'affaire du Mediator. Plusieurs salariés des laboratoires Servier ont été placés mardi 13 mars en garde à vue notamment pour "suspicion de destruction de preuves" dans le cadre de l'enquête sur le Mediator, selon des sources proches de l'enquête. Par ailleurs, une perquisition était en cours mardi à la mi-journée à Suresnes (Hauts-de-Seine) au siège du groupe Servier. Ce laboratoire est au centre du scandale sanitaire du Mediator, ce médicament vendu de 1975 à 2009, destiné aux diabétiques, mais longtemps prescrit comme coupe-faim, et qui aurait provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes.

Selon deux sources proches de l'enquête, ils sont "moins de cinq" salariés à être entendus. De son côté, un porte-parole de Servier a confirmé mardi qu'"une demi-douzaine de collaborateurs de Servier ont été questionnés à Nanterre cet après-midi (mardi) au sujet de documents passés à la broyeuse". L'opération de perquisition dans les locaux de Servier, ouverts en septembre 2011, est menée par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) et les policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif).

Plusieurs perquisitions ont déjà eu lieu

Deux informations judiciaires sur le Mediator sont par ailleurs ouvertes à Paris, l'une pour "tromperie aggravée" et l'autre pour "blessures et homicide involontaires".

En février, plusieurs perquisitions avaient été menées au siège de l'Agence du médicament (Afssaps) à Saint-Denis et aux domiciles de plusieurs responsables de l'Agence.

Dans un autre volet du dossier, ouvert par la citation directe de plusieurs plaignants, les laboratoires Servier et son fondateur, Jacques Servier, devraient comparaître au printemps à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans le premier procès pénal sur l'affaire.

Au moins 500 à 2 000 décès suspects

Le médicament, qui contient une molécule coupe-faim, le benfluorex, a été commercialisé pendant trente ans, d'abord contre l'excès de graisses du sang, puis comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids, avant d'être retiré du marché le 30 novembre 2009. Il a en fait été largement prescrit pour maigrir.

Utilisé par cinq millions de personnes en France, le Mediator est à l'origine de graves lésions des valves cardiaques et pourrait être responsable d'au moins 500 à 2 000 décès. Le scandale du Mediator a abouti au vote d'une loi sur le renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé.

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