A quoi va ressembler la vie de Jérôme Kerviel avec un bracelet électronique ?

L'ex-trader de la Société générale est sorti de prison lundi. Mais les conditions de sa libération sont très strictes.

Jérôme Kerviel (à gauche), accompagné de son avocat David Koubbi, quitte la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) le 8 septembre 2014.
Jérôme Kerviel (à gauche), accompagné de son avocat David Koubbi, quitte la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) le 8 septembre 2014. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Jérôme Kerviel est libre, mais sous conditions. L'ex-trader a quitté la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), où il purgeait sa peine depuis la mi-mai, lundi 8 septembre. Condamé définitivement en mars à cinq ans de prison, dont trois ferme, il aura donc passé près de cinq mois en détention.

Un juge d'application des peines d'Evry avait autorisé son placement sous bracelet électronique début août, mais le parquet avait fait appel de cette décision. La cour d'appel de Paris a finalement approuvé sa demande, jeudi 4 septembre. Mais les modalités de cette liberté sont précises. 

Un dispositif doté d'une alarme

L'ex-trader a quitté la prison de Fleury-Mérogis lundi dans la matinée. Il se rendra d'abord dans un service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip) du 13e arrondissement de Paris, pour se faire poser un bracelet électronique, rapporte un journaliste de France 2. 

Un surveillant pénitentiaire l'accompagnera ensuite jusqu'à son domicile pour "paramétrer le dispositif", selon un juge d'application des peines cité par Europe 1. Une alarme avertira les autorités à distance si Jérôme Kerviel tente de casser son bracelet ou ne respecte pas les conditions de sa liberté sous surveillance électronique. Avec pour conséquence, un retour en prison.

Des contraintes horaires en semaine

Jérôme Kerviel sera autorisé à sortir de 7 heures à 20h30 du lundi au vendredi, pour se rendre sur son lieu de travail. L'ex-trader est désormais employé en tant que consultant dans une entreprise de conseil en systèmes et logiciels informatiques, où il avait déjà travaillé entre 2008 et 2010. La promesse d'embauche fournie par l'entreprise était une condition préalable à sa libération. 

"Dès l'instant où vous êtes autorisé à sortir, vous pratiquez les activités pour lesquelles on vous a autorisé à sortir que ce soit aller travailler, aller à l'école, suivre une formation ou simplement, parfois, chercher un emploi", explique Olivier Caquineau, représentant du syndicat de conseillers pénitentiaires (Snepap-FSU), interrogé par i-Télé.

Jérôme Kerviel pourra, en revanche, circuler en toute liberté le week-end et les jours fériés. Il devrait donc "reprendre le cours d'une vie tout à fait normale", selon son avocat, Me David Koubbi, qui a précisé que son client consacrera une partie de son temps libre à des "engagements citoyens".

Une possible libération conditionnelle en 2015

Jérôme Kerviel devra conserver son bracelet électronique jusqu'au 26 juin 2015. S'il ne commet aucune infraction aux conditions liées à ce dispositif, il pourra bénéficier d'une libération conditionnelle, selon une source judiciaire citée par l'AFP. L'ex-trader sera, d'ici là, toujours considéré comme "écroué" par la justice.

Le feuilleton judiciaire ne s'arrêtera pas pour autant. La cour d'appel de Versailles devra bientôt statuer sur le volet civil de l'affaire et établir si la responsabilité des pertes subies par la Société générale est partagée entre Jérôme Kerviel et la banque.

En mars, la Cour de Cassation avait annulé les 4,9 milliards de dommages et intérêts auxquels il avait été condamné. Elle avait jugé que les "négligences" de la banque avaient mené à "la fraude et à ses conséquences financières".