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Après 48 heures de suspense, Jérôme Kerviel a été emprisonné à Nice

Francetv info revient sur les étapes de l'épisode très médiatisé du retour de l'ex-trader dans l'Hexagone, marqué par plusieurs retournements de situations. 

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France Télévisions
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L'ex-trader Jérôme Kerviel, le 18 mai 2014 à Vintimille (Italie). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Retour à la case prison pour Jérôme Kerviel. L'ex-trader de la Société générale, condamné définitivement à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour avoir provoqué des pertes colossales de 4,9 milliards d'euros, a été écroué lundi 19 mai à la maison d'arrêt de Nice (Alpes-Maritimes).

Son emprisonnement marque la fin de 48 heures mouvementées, au cours desquelles Jérôme Kerviel a laissé planer le doute sur ses intentions.

Samedi après-midi : Kerviel refuse de se rendre

Au terme de deux mois et demi de marche en Italie, Jérôme Kerviel quitte samedi le petit hôtel de Vintimille (Italie) où il a passé la nuit pour assister, non loin de là, à une messe. L'ancien trader a jusqu'à dimanche soir pour se présenter au commissariat de police de Menton (Alpes-Maritimes).

Mais vers 15 heures, il décide d'arrêter sa marche juste avant la frontière avec la France. Il réclame au président François Hollande l'immunité en faveur de témoins dans son dossier, tout en excluant de demander une grâce présidentielle. L'Elysée refuse de répondre à la demande d'immunité en faveur de témoins. Mais explique que si JérômeKerviel sollicite une grâce présidentielle, sa demande sera examinée "selon la procédure habituelle", ni plus ni moins. 

Samedi soir : Kerviel affirme qu'il purgera sa peine

Sur France 2, dans le JT de 20 heures, Jérôme Kerviel confirme son intention de purger sa peine. "Je n'ai jamais fui la justice", martèle-t-il. 

Toutefois, l'ex-trader ne précise pas, à ce moment-là, s'il répondra ou non à sa convocation.

Dimanche matin : Kerviel reste en Italie

Jérôme Kerviel annonce qu'il reste en Italie. Il attend une réponse de l'Elysée et demande que sa défense puisse rencontrer le président de la République. "Je lui redemande la protection de témoins de l'appareil judiciaire qui ont des choses à dire sur le dysfonctionnement dans le cadre de ce dossier, a redit l'ex-banquier. Je ne suis pas coupable. Je ne me mettrai jamais à genou face à une décision qui a été inique."

Dimanche après-midi : la justice le considérera en fuite s'il ne se rend pas

Le parquet général de la cour d'appel de Paris semble peu sensible aux déclarations de l'ex-trader. Il informe qu'"à l'expiration du délai de convocation au commissariat de Menton", dimanche soir à minuit, "Jérôme Kerviel sera considéré en fuite". "Un mandat d'arrêt européen sera délivré à son encontre dans le respect de la décision de justice le concernant", ajoute le parquet.

Un peu plus tard, le ministre des Finances, Michel Sapin, estime que Jérôme Kerviel est "un escroc". "Il peut faire des demandes à l'institution judiciaire pour aménager sa peine" et il peut "saisir le président de la République (...) d'une demande de grâce", observe-t-il sur RTL.

Dimanche soir : Kerviel franchit la frontière et se fait interpeller

Finalement, Jérôme Kerviel se résigne. "Je marche et je rentre vers la France", déclare-t-il dimanche à 19 heures, en sortant de son hôtel de Vintimille, souriant, fraîchement rasé. "Je n'ai jamais été en fuite, j'ai toujours assumé ma responsabilité. Je vais me présenter au premier policier que je trouve", ajoute-t-il. "Aujourd'hui, je n'ai pas perdu, j'ai passé une magnifique journée auprès des miens, aujourd'hui je suis heureux, je suis libre, je me rends à la police et à la justice."

A minuit pile, l'ex-trader de la Société générale, qui vient de franchir la frontière, est approché à Menton par deux policiers en civil, qui l'emmènent en voiture. Il n'oppose aucune résistance. L'interpellation se déroule très vite, laissant dans un premier temps les soutiens de Jérôme Kerviel désemparés, certains en pleurs.

Lundi matin : Kerviel est incarcéré à Nice

Jérôme Kerviel passe la nuit au commissariat de Menton. Puis il est déféré au parquet de Nice pour se voir signifier sa condamnation à trois ans de prison ferme. Six ans après un premier séjour en prison en détention provisoire de 41 jours, il est écroué vers 9 heures à la maison d'arrêt de Nice, "jusqu'à nouvel ordre".

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