Injections illégales de Botox : deux sœurs interpellées la semaine dernière, 600 victimes recensées

Elles proposaient des rendez-vous dans le Nord de la France, mais aussi en région parisienne, selon les informations de France Inter.
Article rédigé par franceinfo - Avec Emmanuel Leclère, France Inter
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Injection de botox dans les lèvres d'une patiente. (Photo d'illustration) (ALINE MORCILLO / HANS LUCAS)

Les deux femmes interpellées la semaine dernière et soupçonnées de proposer des injections illégales de Botox et de produits de comblement, seront jugées le 17 août à Valenciennes, dévoile France Inter mercredi 19 juillet. 26 personnes ont porté plainte. 

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En mai dernier, les cybergendarmes de Lille (Nord) repèrent sur les réseaux sociaux que deux femmes proposent sur leurs comptes Instagram et Snapchat des injections de Botox ou d'acide hyaluronique pour combler les rides ou gonfler les lèvres dans le nord de la France ainsi qu'en région parisienne. Ce type d'injections ne peut légalement être effectué que par un médecin. Celles et ceux qui proposent de tels actes sur les réseaux sociaux peuvent en effet être poursuivis pour exercice illégal de la médecine. La gendarmerie lance alors en mai un appel à témoins pour retrouver d'éventuelles victimes.

Des séances entre 200 et 400 euros 

Ces deux sœurs âgées d'une trentaine d'années sont arrêtées, avant d'être relâchées dans un premier temps. Elles ont été à nouveau interpellées la semaine dernière. L'une d'elles a été placée en détention provisoire, après analyse de produits contenus dans des seringues et des dépôts de plaintes pour des complications médicales graves.

Selon les informations de France Inter, les deux femmes louaient des salons de beauté, parfois le dimanche, pour des séances de 200 à 400 euros. Elles pouvaient recevoir une vingtaine de clientes à chaque fois. Lors de ces séances, l'une des sœurs enfilait une blouse blanche sur laquelle était écrit dans le dos "Doctor Lougayne". Au total, le montant des bénéfices est estimé à au moins 120 000 euros.

Des fioles périmées, des seringues remplies de bactéries

Lors des perquisitions, les enquêteurs découvrent des fioles en provenance de Russie et de Corée, dont certaines sont périmées. Ils retrouvent aussi une centaine de seringues, qu'ils décident avec le procureur de la République de Valenciennes de faire analyser. "L'analyse d'une seringue nous a révélé qu'elle contenait un taux de bactéries cinquante fois supérieur au seuil légal autorisé", explique à France Inter Vincent Audon, commandant adjoint de la section de recherche de Lille.

"Des chirurgiens esthétiques ont dû parfois opérer pour pallier les dégâts des injections illégales".

Le commandant adjoint Vincent Audon

à France Inter

Les enquêteurs recensent pour l'heure 600 clientes dans toute la France. 26 patientes se sont déclarées victimes de graves complications médicales. Le commandant adjoint Vincent Audon évoque ainsi "des infections, des inflammations, parfois même des nécroses". "Plusieurs ont dû aller à l'hôpital, plusieurs ont dû subir des opérations chirurgicales", déplore-t-il. Il assure ainsi que "des chirurgiens esthétiques ont dû parfois opérer pour pallier les dégâts des injections illégales".

Les enquêteurs ont également retrouvé dans les messageries des deux suspectes des menaces explicites envoyées à leurs clientes pour ne pas porter plainte, selon les informations de France Inter.

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