"Non ce n'est pas fini, on ne lâche rien !" : à Paris, les manifestants ne sont pas résignés à se battre contre la réforme des retraites

Le passage devant le Conseil des ministre de l'avant-projet de loi de réforme des retraites n'a pas démotivé les manifestants parisiens.

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 24 janvier 2020.
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 24 janvier 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Pour cette 7e journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites des milliers de personnes manifestent vendredi en France. Une journée importante pour le gouvernement, en plus des manifestations, l’avant-projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres.

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À Paris, le cortège est parti de la place de la République pour rejoindre la place de la Concorde. Aucune résignation parmi les manifestants, le froid piquant de l’air parisien n’a pas démotivé Patrick et Nicolas en tête de cortège. "On voit que la mobilisation ne faiblit pas dans la rue, que les modes d'action se diversifient", affirme l’un d’eux. "Je suis dans l'éducation dans le 20e arrondissement de Paris et on a énormément de blocages", indique le second.

De nouvelles formes d'actions

Ces deux profs parisiens ont confectionné d’immenses marionnettes toutes noires, des grands oiseaux à l’allure inquiétante. Des "corbeaux" et des "vautours" expliquent-ils, l’une représentant "la compagnie d’assurance Swiss Life", l’autre "Black Rock", pour "symboliser ceux qui sont les gagnants de la réforme".

Tous les deux veulent croire qu’il est encore possible de faire reculer le gouvernement. "Clairement, il y a des gens qui ne peuvent pas faire grève pour des raisons financières. Néanmoins, ils cherchent d'autres modes d'action, parfois plus forts, plus marquants et différents. On essaye de faire dans le médiatique", dit l’un des professeurs.

De nouvelles formes d’action à venir, c’est aussi l'objectif de Judith qui est avocate. Elles et ses collègues ont popularisé le lancer de robe ces derniers jours. "On essaye d'avoir de l'imagination parce qu'effectivement, on a l'impression que ça donne du souffle, de l'espoir et des idées, énumère l'avocate. Et manifestement, cela a donné des idées à d'autres comme les lancers de cartables ou de blouses de médecin." 

On fait tout pour que le gouvernement entende que sa réforme est inique.Judith, avocateà franceinfo

Et à propos du passage de l’avant-projet de loi en Conseil des ministres l’avocate l’affirme : "Non ce n'est pas fini, on ne lâche rien !"

Aucun "regret"

La réforme doit encore passer devant le parlement comme veut le rappeler Mathieu, conducteur de métro. Il n’est pourtant plus en grève illimitée. "Financièrement, on a dû reprendre le travail, explique Mathieu, mais on est toujours contre le projet. On ne lâche pas l'affaire".

Même si ça passe, je n'aurai pas de regret. Je pourrai dire à mes enfants : 'Je me suis battu, même si c'est passé'Mathieu, conducteur de métroà franceinfo

Fier de sa mobilisation, Mathieu parcourt le cortège tirelire à la main. Il est aussi là pour alimenter la caisse de grève de la RATP qui est toujours active.

À Paris, les manifestants ne sont pas résignés à se battre contre la réforme des retraites - Le reportage d'Alexis Morel
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