Retraites : université bloquée, avocats qui déposent la robe et manifestations... le point région par région

Alors que la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron est présentée en conseil des ministres ce vendredi, ses opposants manifestent un peu partout en France. Le point sur la mobilisation, région par région.

Des opposants à la réforme des retraites manifestent à Nantes, le 24 janvier 2020.
Des opposants à la réforme des retraites manifestent à Nantes, le 24 janvier 2020. (LOIC VENANCE / AFP)

Plusieurs milliers de personnes manifestent vendredi en France contre le projet de réforme du système des retraites au moment même où ce texte, objet d'une contestation sociale sans précédent depuis près de deux mois, était présenté en conseil des ministres, première étape avant son examen par le Parlement.

>>  DIRECT. Grève contre la réforme des retraites : la manifestation s'élance à Paris, une nouvelle journée interprofessionnelle prévue le 29 janvier, sans la CFE-CGC.

Auvergne-Rhône-Alpes

À Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), derrière le slogan "on ne lâche rien", plus de 15 000 personnes ont défilé du viaduc Saint-Jacques à la place de Jaude, selon les syndicats, 4 500 selon la police. Une centaine d'avocats en grève a rejoint le cortège en chantant, et sous les applaudissements. "Ohé avocats, bâtonniers et cabinets c'est l'alarme". Sur son parcours, le cortège s'est arrêté devant la permanence du candidat LREM à la mairie de Clermont-Ferrand, Eric Faidy. Les manifestants ont hué le candidat et des œufs ont été jetés sur la porte. Des autocollants CGT ont également été posés sur les vitres de la permanence qui a été dégradée. Des inscriptions hostiles à l'Etat d'Israël et pro-palestiniens avaient été tagués sur la devanture du bâtiment dans la nuit de jeudi à vendredi, a constaté France Bleu Pays-d'Auvergne. Les locaux ont ensuite été nettoyés dans la matinée avant que les manifestants contre la réforme des retraites ne passent par là.

À Saint-Étienne, plusieurs centaines d'enseignants ont érigé un mur de manuels scolaires devant l'inspection académique. Une action pour protester contre la réforme du bac mais aussi la réforme des retraites, puisque ont rejoint ensuite le défilé en ville.

À Annecy (Haute-Savoie), la manifestation a réuni vendredi après-midi 1 100 personnes selon la police, 3 000 selon les syndicats. A Chambéry (Savoie), plus de 3 000 manifestants se sont retrouvés devant le palais de justice avant de partir défiler, selon les estimations de France Bleu Pays de Savoie. Le cortège a rassemblé fonctionnaires, militants syndicaux, lycéens, personnels de l'hôpital ou encore agriculteurs.

À Montluçon (Allier), ils étaient environ un millier à défiler dans la rue. Des rassemblements ont aussi eu lieu à Moulins, Vichy (Allier), au Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Aurillac (Cantal).

À Valence (Drôme), 3 000 personnes ont défilé dans les rues, du Champ-de-Mars en direction de la gare.

Bourgogne-Franche-Comté

À Dijon (Côte-d'Or), la mobilisation a réuni 2 800 personnes vendredi après-midi, selon la CGT. Après l'appel à la dispersion, un groupe d'individus a refusé d'obtempérer Place Wilson, selon le préfet de Bourgogne-Franche-Comté, Préfet de Côte-d'Or. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre. Après sommations, les forces de l'ordre "ont procédé à des tirs de gaz lacrymogène", précise la préfecture.

Dans l'Yonne, les cortèges ont réuni plus d'un millier de personnes. Environ 500 manifestants étaient présents à Sens vendredi matin. Près d'un millier de personnes déambulaient dans les rues d'Auxerre vendredi après-midi, avec les cheminots en tête du cortège. 

Bretagne

À Lorient (Morbihan), la septième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites a réuni environ 2 500 personnes, selon les syndicats. Une centaine de femmes a défilé en avant du cortège, ponctué par plusieurs "flash-mobs" sur l'air de "À cause des garçons".

Centre-Val de Loire

A Orléans (Loiret), la manifestation a rassemblé 5 000 personnes, selon l'intersyndicale CGT, FSU, FO, Solidaires, CFE-CGC, UNEF. Ils étaient entre 2 000 et 2 500 selon les observations de France Bleu Orléans. Dans le cortège, qui a défilé dans le calme, on note la présence de nombreux cheminots et enseignants, et des retraités. D'autres manifestations ont eu lieu dans le Loiret, notamment à Gien et Montargis ce vendredi matin, et à Pithiviers vendredi après-midi.

À Châteauroux (Indre), environ 1 200 personnes ont défilé dans les rues, de la place de la République au Palais de justice, pour réclamer le retrait du texte. Salariés du privé et de la fonction publique étaient rassemblés dans le cortège. A Bourges, le cortège a réuni 1 100 personnes. Elles étaient 850 à Vierzon.

Champagne-Ardenne

À Reims (Marne), les manifestants se sont donné rendez-vous à 10 heures. Ils étaient au moins un millier à défiler dans les rues, selon France Bleu Champagne-Ardenne. C'est moins que la semaine précédente.

Grand Est

À Nancy, une cinquantaine d'étudiants ont bloqué les entrées de la faculté de lettres et de sciences humaines, rapporte France Bleu Sud Lorraine. Tous les cours du jour sont annulés "pour des raisons de sécurité". "Par ailleurs, compte tenu du nombre d'agents grévistes à la Bibliothèque universitaire du campus, elle ne peut quant à elle pas accueillir de public aujourd'hui", indique la direction dans un communiqué. La faculté de lettres avait été bloquée une première fois ce mardi par plusieurs dizaines d'étudiants pour les mêmes raisons. Les cours avaient, là aussi, été annulés.

À Strasbourg (Bas-Rhin), plus de 5 000 personnes ont défilé à l'appel de l'intersyndicale CGC-CGT-FO-FSU-Unsa-Solidaires. Étudiants et lycéens étaient nombreux dans le cortège strasbourgeois, accompagnés des cheminots. Des bûcherons et des gilets jaunes se sont joints au défilé.

Hauts-de-France

À Lille (Nord), la manifestation contre la réforme des retraites a été stoppée vendredi après-midi en plein défilé, a constaté France Bleu Nord. Le parcours a été modifié vendredi après-midi au dernier moment par rapport à l'itinéraire initial. Des incidents ont éclatés entre manifestants et CRS, selon France Bleu Nord.

Normandie

À Rouen (Seine-Maritime), plusieurs milliers de personnes sont descendus dans les rues vendredi matin. Les syndicats avancent le nombre de 6 000 manifestants dans les rues de Rouen. La police en compte 3 400. Là aussi, les avocats du barreau de Rouen étaient présents.

Au Havre (Seine-Maritime), la ville du Premier ministre Edouard Philippe, au moins 7 500 personnes défilaient ce vendredi matin, selon la police. Les syndicats ont estimé le cortège de 60 000 à 70 000 personnes. Des manifestants sont venus de toute la région, notamment de Caen, de Saint-Lô et même de Cherbourg. Une coupure d'électricité a touché vers 10 heures le centre-ville du Havre. Elle a duré une vingtaine de minutes. Près de 16 000 clients ont été privés d'électricité. Selon Enedis, il s'agit d'un acte de malveillance.

Dans la Manche, les syndicats appellent à s'installer sur des ronds-points stratégiques, indique France Bleu Cotentin, provoquant des ralentissements et des embouteillages.

Nouvelle-Aquitaine

À Guéret, 600 personnes manifestent, selon France Bleu Creuse, qui indique que les manifestants ont modifié leur trajet pour passer devant la permanence du député LREM Jean-Baptiste Moreau. Il avait créé la polémique le week-end dernier en écrivant sur Twitter "islamistes et syndicalistes radicaux, même combat contre la République".

À Périgueux (Dordogne), 2 000 à 3 000 personnes se sont rassemblées vendredi matin devant le Palais de Justice. Le cortège s'est ensuite dirigé vers la gare SNCF où le cortège s'est dispersé à 12 heures. Parmi les manifestants, des enseignants, des agents d'Enedis, des retraités, des gilets jaunes, ou encore des cheminots. Les agents d'Enedis ont revendiqué de nouvelles coupures d'électricité ce vendredi matin dans le centre-ville de Périgueux, rapporte France Bleu Périgord.

À Limoges (Haute-Vienne), la journée a débuté tôt, sous les fenêtres de la permanence de la députée LREM Sophie Beaudouin-Hubière. Entre 80 et 100 personnes ont ainsi partagé café, vin chaud et chocolatines dans une ambiance bon enfant. Le petit-déjeuner a été suivi d'une nouvelle manifestation qui a rassemblé plus de 2500 personnes.

À Brive (Corrèze), les avocats des barreaux de Tulle et Brive ont déposé leurs robes et boycotté l'audience solennelle de rentrée du tribunal alors qu'en parallèle se déroulait une manifestation en centre-ville. Une autre manifestation a eu lieu également à Ussel.

À Pau (Pyrénées-Atlantiques), plus de 2 000 personnes ont défilé dans les rues contre la réforme des retraites. Elles étaient entre 1 800 et 4 000 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), selon les différentes sources.

Occitanie

À Toulouse (Haute-Garonne), la manifestation a rassemblé vendredi matin 95 000 personnes selon les syndicats, 5 000 selon la Préfecture. Pour la CGT, "le gouvernement n'a qu'un seul choix : retirer ce projet de loi et revenir à la table des négociations". Dans le cortège, des femmes ont réalisé un flash-mob géant "A cause de Macron". Les personnels hospitaliers sont venus en force dans le défilé, aux côté des avocats en robe noire.

À Montauban (Tarn-et-Garonne), les manifestants étaient entre 680 selon la police et 3 000 selon les syndicats.

À Perpignan (Pyrénées-Orientales), près de 5 000 personnes, selon les syndicats, et 2 000, selon la préfecture, sont venues manifester dans les rues contre la réforme des retraites. Le défilé, qui a réuni cheminots, personnel hospitalier, sapeurs-pompiers, gilets jaunes ou encore enseignants, bien encadré par les forces de l'ordre, s'est déroulé sans tensions.

Pays de la Loire

À La Roche-sur-Yon, "plusieurs centaines de manifestants défilent contre la réforme des retraites", rapporte France Bleu Loire Océan.

En Loire-Atlantique et en Vendée, plusieurs milliers de manifestants ont défilé ce vendredi matin. Près de 4 000 militants ont battu le pavé à Nantes, 2 000 à Saint-Nazaire et un millier à La Roche-sur-Yon.

Au Mans (Sarthe), l'audience solennelle de rentrée au tribunal a été perturbée par des avocats et des Sarthois opposés à la réforme des retraites. Des avocats ont constitué une haie d’honneur à l’arrivée du préfet. Pour l’occasion, ils avaient changé la couleur de leur rabat (sorte de col) sur leur robe : de blanc, il est passé à rouge, couleur de la colère. Depuis trois semaines, les 176 avocats sarthois sont en grève. Un peu plus tard dans la matinée, une vingtaine de manifestants – notamment du syndicat CGT – ont voulu s’inviter à cette audience solennelle de rentrée au Palais de Justice. Ils ont réussi à rentrer dans le sas du tribunal (au niveau des portiques de sécurité), avant d’être repoussés par les forces de l’ordre.

À Laval (Mayenne), le défilé a rassemblé environ 1 000 personnes (1 200 selon les syndicats, 1 050 selon la Police), de l'hôpital de Laval à la Préfecture. Une délégation syndicale sera reçue à 17h15 par le Préfet de la Mayenne.

Provence-Alpes-Côte d’Azur

À Avignon, (Vaucluse), environ 1 500 personnes se sont mobilisés en fin de matinée contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO et la FSU. Elles ont défilé entre le parking des Allées de l’Oulle et la Préfecture. Quelques gilets jaunes étaient présents dans cette nouvelle manifestation.

A Nice (Alpes-Maritimes), près de 10 000 opposants à la réforme ont défilé dans les rues vendredi matin, selon la CGT. La police a compté 2 900 manifestants. Le cortège s'est élancé vers 10h30 depuis le parvis de la gare de Nice en direction de la Promenade des Anglais pour finir au Jardin Albert 1er. Le secteur privé était bien représenté parmi les manifestants. Des salariés de l'hôtel de luxe de Cannes, le Carlton, se sont faits remarqués en brandissant une large banderole où l'on pouvait lire "Palace en colère".