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Flavien, 1er djihadiste jugé en France après son retour de Syrie

Le tribunal correctionnel de Paris a entendu ce vendredi un homme de 27 ans, qui s’est rendu en Syrie pour rejoindre les combattants djihadistes. Il est finalement rentré après avoir fait de la "surveillance".
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Radio France
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 (Flavien était jugé pour avoir essayé de partir faire les djihad en Syrie © Maxppp)

Le premier procès d’un djihadiste de retour de Syrie. Ce vendredi, le tribunal correctionnel de Paris a jugé Flavien, un jeune homme converti à l’Islam qui a réussi à franchir la frontière syrienne pour rejoindre les combattants djihadistes, avant de finalement rentrer en France.

Flavien est né en Corée du Sud. Orphelin, il a été adopté à 15 mois par un couple Français de Nantes. Aujourd’hui, il a 27 ans, cheveux courts et rasé de près. Il explique qu’il s’est converti à l’Islam à l’âge de 18 ans. A la barre, il reconnaît son voyage en Syrie fin 2012, après une énième condamnation pour vol et port d’arme.

Avant d’arriver en Syrie, il a dû persévérer pendant des mois et tester de nombreux trajets différents. "Qu’avez-vous fait en Syrie ? ", lui a demandé la juge, "un peu de surveillance et de la police. Je surveillais les frères et les journalistes ", a répondu Flavien, tout en précisant qu’il était parti faire de l’humanitaire. 

"Je suis rentré de Syrie parce que j’avais envie de fumer"

"Et la kalachnikov que vous avez acheté 1.500 francs suisses ? ", a renchéri la juge. "Ça, c’était pour me défendre ", a rétorqué Flavien, "je suis peut-être pour Al-Qaida, et tout, mais je ne suis pas pour la violence. Ce que je cautionne, c’est la justice, machin, tout ça ", a-t-il marmonné sans vraiment articuler.

Quelles ont été ses motivations pour rentrer en France ? Très terre à terre il a expliqué : "Je suis rentré de Syrie parce que j’avais envie de fumer, là-bas, je pouvais pas ". Il poursuit : "J'ai eu beaucoup de mal à ne pas fumer, parce que fumer c'était interdit dans la katiba. J'avais emporté des Nicorettes, mais ça n'a pas suffi. Alors j'ai laissé mon arme à mon émir et je suis parti ". Le tribunal n’a semble-t-il pas été très convaincu. Le jugement sera probablement mis en délibéré et renvoyé à une date ultérieure.

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