Dieudonné : enquête préliminaire pour "incitation à la haine raciale"

Cette enquête vise spécifiquement les propos antisémites de Dieudonné sur le journaliste de France Inter Patrick Cohen. Dans un reportage de "Complément d'enquête" diffusé le 19 décembre sur France 2, l'humoriste controversé affirmait au cours d'un spectacle : "Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à  gaz... Dommage".

(Charles Platiau Reuters)

Dès le lendemain de cette diffusion, la direction de Radio France
avait signalé ces faits à la justice, dans l'attente de l'ouverture ou
non de poursuites judiciaires. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne.

 "Qu'une enquête soit ouverte à l'égard d'un multirécidiviste du racisme, proche de Robert Faurisson et de Jean-Marie Le Pen, lorsqu'il regrette les chambres à gaz, c'est plutôt sain. Il faut maintenant espérer une condamnation financière lourde, car c'est
la seule chose qui inquiète vraiment
" Dieudonné a réagi Me Richard Malka, l'avocat de Radio France. 

L'avocat de Dieudonné insiste sur le contexte : un "spectacle où les gens rient"

De son côté, Me Jacques Verdier, l'avocat de Dieudonné, a jugé  "absolument pas justifié " le chef d'accusation "incitation à la haine raciale". Il affirme que son client "se défend de manière générale et globale de tout antisémitisme ". Et Il a fait valoir "le contexte " dans lequel les propos étaient tenus, "un spectacle où les gens rient" .

Cette décision intervient aussi après la volonté affichée par Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, d'interdire les "réunions publiques " de Dieudonné, qui selon lui "n'appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent (...) à  accroître les risques de troubles à l'ordre public" .

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](http://bit.ly/Frinfodieudo)

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En attendant une interdiction globale,
difficile à mettre en oeuvre, des instructions devaient être données aux
préfets, à l'occasion de chaque spectacle, d'"apprécier si le risque de trouble est caractérisé et justifie d'interdire la représentation ".