Denis Baupin mis en cause pour harcèlement et agression sexuelle

Le vice-président de l'Assemblée nationale, l'écologiste Denis Baupin, est mis en cause pour des faits pouvant relever de harcèlement sexuel voire d'agression sexuelle, selon les informations révélées lundi par France Inter et Mediapart au terme d'une enquête de plusieurs mois.

(Denis Baupin, vice-président de l'Assemblée nationale © maxPPP)

Parmi les huit cas révélés par cette enquête, le témoignage de l'actuelle porte-parole d'Europe Ecologie-Les Vers (EELV), Sandrine Rousseau, est particulièrement édifiant. Elle relate des faits qui se seraient produits en octobre 2011, lors d'une réunion de préparation à la présidentielle de son parti. "Je suis sortie de la salle, et dans le couloir qui longeait cette salle, Denis Baupin est venu, m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m'embrasser ", raconte Sandrine Rousseau.

"Denis Baupin est venu, m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m'embrasser" (Sandrine Rousseau)
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La porte-parole d'EELV affirme en avoir parlé à deux membres de la direction du parti à l'époque, sans que cela ne les émeuve plus que cela. "Le premier membre de la direction m'a dit : 'Ah il a recommencé', et la deuxième personne m'a dit : 'Ce sont des choses qui arrivent très souvent' , poursuit Sandrine Rousseau.

D'autres femmes disent avoir été harcelées par sms par Denis Baupin, et notamment Elen Debost, adjointe au maire du Mans en charge de la jeunesse. Elle raconte en avoir reçu des centaines en 2011. "J'ai été prise dans ce que toutes les femmes disent quand elles sont victimes de violences : elles culpabilisent, elles se sentent fragiles, isolées. C'est tout ce que j'ai ressenti à ce moment-là et qui m'a empêchée de porter plainte. Je ne suis pas fière de ne pas avoir porté plainte ", explique Elen Debost.

Denis Baupin, mis en cause pour harcèlement et agression sexuelle - le reportage de Cyril Graziani
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Aucune plainte déposée

De toutes les femmes rencontrées par les journalistes de Mediapart et de France Inter qui ont mené cette enquête, aucune n'avait publiquement évoqué ces faits jusque-là, ni porté plainte. Les faits sont pour la plupart prescrits au pénal. Ces révélations risquent toutefois d'être une déflagration à Europe Ecologie-Les Verts, même si Denis Baupin a quitté le parti le 18 avril dernier.

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Sollicité à de multiples reprises par les journalistes qui révèlent ces témoignages, Denis Baupin n’a pas donné suite et a renvoyé vers ses avocats, qui n'ont accordé ni entretien, ni rendez-vous, ni réponse aux questions qui leur ont été adressées.

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