Condamnée dans l'affaire d'Outreau, Myriam Badaoui est libre

La mère, condamnée à 15 ans de prison notamment pour "viols" dans cette affaire de pédophilie, est en liberté conditionnelle depuis la mi-septembre.

Myriam Badaoui, au centre, le 8 juin 2004 au palais de justice de Saint-Omer (Pas-de-Calais), lors du procès de l\'affaire d\'Outreau.
Myriam Badaoui, au centre, le 8 juin 2004 au palais de justice de Saint-Omer (Pas-de-Calais), lors du procès de l'affaire d'Outreau. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Myriam Badaoui, condamnée à 15 ans de détention en 2004 dans l'affaire de pédophilie d'Outreau (Pas-de-Calais), a été libérée. Elle est en liberté conditionnelle depuis mi-septembre. Une source proche du dossier a confirmé, lundi 7 novembre, une information du Point. Selon son avocat, Myriam Badaoui a "bénéficié de la remise classique de peine que l'on accorde à tout détenu qui travaille en prison et dont le comportement est irréprochable."  Elle était en détention depuis 2001.

Myriam Badaoui a été condamnée pour viols sur sept enfants, agressions sexuelles sur dix, proxénétisme sur ses quatre fils et corruption de onze mineurs. Elle faisait partie des quatre accusés définitivement condamnés dans cette affaire en 2004. Treize autres personnes impliquées dans ce dossier ont été acquittées. Le seul à se trouver encore en détention est le mari de Myriam Badaoui, Thierry Delay, condamné à 20 ans de prison.

"Qu'on arrête de la fustiger"

Agée de 45 ans, Myriam Badaoui a, selon Le Point, bénéficié d'une thérapie psychiatrique et d'une formation en hôtellerie-restauration en prison. Mais elle ne parviendrait pas à trouver de travail. Son avocat invoque "le droit à l'oubli", demandant "qu'on arrête de la fustiger".

Durant l'enquête et le procès, Myriam Badaoui s'était rendue célèbre par ses volte-face : après avoir chargé ses coaccusés pendant des années, elle les avait dédouanés dans un mea-culpa spectaculaire au cours du procès en appel en 2005.

"C'est comme si j'avais deux personnalités en moi, avait-elle alors déclaré. Il m'est passé une folie par la tête (...). J'ai menti". Puis elle avait demandé "pardon" à ses coaccusés. Désormais libre, elle aurait, selon Le Point, tenté de renouer des liens avec ses enfants.