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Claude Guéant mis en examen pour "faux" et "blanchiment"

A l'issue d'une garde à vue débutée vendredi matin dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en avril 2013 sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, Claude Guéant a été présenté à un juge d'instruction samedi dans la journée et mis en examen pour "faux" et "blanchiment".
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Radio France
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 (Claude Guéant © SIPA)

Claude Guéant a été présenté samedi après-midi à un juge d'instruction. Entendu dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en avril 2013 sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, l'ancien ministre de l'Intérieur a été mis en examen pour "faux" et "blanchiment de fraude fiscale" et "fraude fiscale".

Me Philippe Bouchez, l'avocat de l'ancien ministre a déclaré devant la presse : "On lui reproche, non pas des faits de corruption liés à ce soi-disant financement libyen de la campagne présidentielle, mais simplement on lui demande de s'expliquer davantage sur la vente des fameux deux tableaux qu'il a acquis il y a près de 22 ans ".

500.000 euros

A l'origine des soupçons des enquêteurs, une somme de plus de 500.000 euros versée sur le compte de Claude Guéant en mars 2008. Lorsqu’il est entendu au début de l’été 2013 par les policiers de la DNIF, la division nationales des investigations financières, il leur explique que cette somme provient de la vente de deux tableaux d’un peintre flamand du XVIIème siècle. Des œuvres acquises par son épouse dans les années 90.

Une explication qui ne convainc pas les enquêteurs, d’abord parce que la cote de l’artiste est bien loin des 500.000 euros virés sur le compte de l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy. Et puis pour vendre à ce prix des tableaux à l’étranger, il faut obtenir un certificat du ministère de la Culture. Claude Guéant ne l’a jamais fait, ce qui constitue en soi un délit.

Un homme d'affaires soupçonné d'intermédiaire mis en examen

L'homme d'affaires Khalid Ali Bugshan soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire dans ce versement a également a été présenté au juge instructeur. Il a été mis en examen pour "blanchiment". Ce richissime homme d’affaires saoudien de 52 ans dirige un groupe dans le secteur de l’immobilier, de la finance mais aussi des cosmétiques. La justice le soupçonne d’être l’auteur du virement de 500.000 euros sur les comptes d’une société malaysienne, qui aurait ensuite reversé cette somme à Claude Gueant.

L’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy a toujours assuré que ce demi million d’euros provenait de la vente de deux tableaux d’un peintre flamand du XVIIè à un avocat malaysien. Mais cet homme qui a été identifié n’a pas encore pu être entendu par les juges financiers, la commission rogatoire internationale adressée à la Malaysie est pour le moment restée lettre morte.

Les enquêteurs estiment que cet avocat n’est qu’un prête-nom pour cacher des mouvements de fonds suspects. Quant au milliardaire saoudien, son nom n’est pas inconnu de la justice française. Il était notamment apparu dans l’enquête Karachi sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur via des rétrocommissions présumées sur un contrat d'armement avec l'Arabie Saoudite.

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