Bras de fer diplomatique entre la France et le Rwanda

Aucun représentant des autorités françaises ne participe aux commémorations organisées par le Rwanda ce lundi en souvenir du génocide des Tutsis. Le gouvernement rwandais a interdit à l'ambassadeur de France dans le pays d'assister aux cérémonies officielles.

(François Lenoir Reuters)

Vingt ans après le génocide rwandais, les tensions entre la France
et le Rwanda sont encore très fortes.

Pour preuve : l'imbroglio politico-diplomatique qui se déroule autour de
cette première journée de commémoration.

Lors de son intervention, pour cette première journée d'hommage, ce lundi Paul Kagame s'en est pris encore une fois à la France. "Aucun pays n'est assez puissant même s'il pense l'être pour changer les faits , a-t-il lancé en anglais avant d'ajouter en français, "après tout, les faits sont têtus ".

Quelques minutes plus tard, l'Elysée faisait un communiqué dans lequel François Hollande explique que la France "s'associe au peuple rwandais pour honorer la mémoire de toutes les victimes du génocide ".

Finalement, l'ambassadeur de France à Kigali n'a pas pu être
accrédité afin de participer à la première journée de la commémoration officielle.
Il s'agit sans doute d'une réponse du Président Paul Kagame à Paris qui avait
refusé d'envoyer Christiane Taubira à cette cérémonie.

François Hollande voulait quant à lui protester contre les
accusations faites par le chef de l'Etat rwandais qui quelques heures plus tôt
avait parlé de participation de la France au génocide rwandais.

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Ces tensions se resurgissent au moment où les relations entre Kigali et Paris commencaient à se normaliser. Depuis la réconciliation officielle, en 2010, et la reconnaissance par la France " de graves erreurs d'appréciation ", la France n'a jamais présenté d'excuses.