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AZF: d'une usine performante à un site maudit

Au cours de son développement, l'usine a connu des fortunes diverses jusqu'à l'explosion chimique tragique en 2001
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France Télévisions
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Vue aérienne, avant l'explosion du site de l'usine pétrochimique AZF dans la banlieue sud de Toulouse. (© AFP (photo non datée))
Au cours de son développement, l'usine a connu des fortunes diverses jusqu'à l'explosion chimique tragique en 2001Au cours de son développement, l'usine a connu des fortunes diverses jusqu'à l'explosion chimique tragique en 2001

Tout a commencé le 11 avril 1924 avec loi de Vincent Auriol qui créé l'Office national industriel de l'azote (ONIA), connue aujourd'hui sous le nom d'AZF.

La même année, la construction du complexe pétrochimique démarre à 5 kilomètres de Toulouse, en rase campagne. Trois quarts de siècle plus tard, il était au coeur de l'agglomération.

Bâtie sous l'égide de l'Etat, l'usine emploie près de 2 600 salariés. Elle fonctionne grâce aux brevets Haber nécessaire à la fabrication de l'ammoniaque synthétique, employée dans la production des explosifs et des engrais, et concédés par l'Allemagne à la France, au nom des dommages de guerre. Dès son ouverture, les ateliers tournent à plein pour soutenir le développement de l'agriculture de toute la région.

L'évolution d'AZF s'entremêle avec l'Histoire. La Grande Dépression pendant laquelle l'Etat lui apportera son soutien. La deuxième Guerre Mondiale qui voit alors le site occupé et transformé en usine d'explosifs. Le 2 mai 1944, Toulouse frôle la catastrophe lors des bombardements alliés : treize bombes de 250 kilos chacune seraient tombées à proximité de l'ONIA selon un témoin.

L'essor de l'agriculture intensive marque le début de l'âge d'or de l'usine. En 1952, elle produit 100.000 tonnes d'ammoniaque par an et salarie 3.500 employés. C'est aussi l'époque du début de la mutation de la zone. Logements, complexes sportifs, écoles, centres de soins s'élèvent de terre tout autour du complexe industriel. L'urbanisation de toute la zone est enclenchée et ne s'arrêtera pas en dépit de la crise économique dans les années 70.

Fin de l'histoire
En 2000, Grande Paroisse avait rejoint le pôle Fertilisants d"Atofina, qui regroupait toutes les activités chimiques du groupe TotalFinaElf depuis la fusion de Total, Petrofina et Elf-Aquitaine.

La même année, d"importants investissements, plus de 27 millions d"euros, avaient été réalisés pour accroître les capacités de production de l"usine, qui était ainsi devenue l"une des plus performantes d"Europe. Les capacités en ammoniaque et en urée avaient toutes deux été portées à 370.000 tonnes par an. La capacité en nitrate d"ammonium était de 185.000 tonnes annuelles.

Après la catastrophe, en avril 2002, TotalFinaElf a décidé de ne pas reconstruire l"usine. Un an plus tard, TotalFinaElf a pris le nom de Total. Le 1er mai 2007, les activités "fertilisants" ont été restructurées et Grande Paroisse, renommée en GPN.

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