Avocate tuée : le fils d'un ancien client mis en examen à Marseille

Un homme de 28 ans a été mis en examen vendredi pour homicide, deux semaines exactement après la mort d'une avocate égorgée à Marseille dans son cabinet du centre ville.

Trois suspects ont été arrêtés le 12 décembre 2012 dans la cité La Maurelette, dans le quartier de Saint-Joseph, à Marseille, dans le cadre de l\'enquête sur la mort de l\'avocate Raymonde Talbot.
Trois suspects ont été arrêtés le 12 décembre 2012 dans la cité La Maurelette, dans le quartier de Saint-Joseph, à Marseille, dans le cadre de l'enquête sur la mort de l'avocate Raymonde Talbot. (MAXPPP)

Un homme de 28 ans a été mis en examen, vendredi 14 décembre, deux semaines exactement après la mort d'une avocate, égorgée à Marseille dans son cabinet du centre-ville. Un meurtre dont le mobile reste flou. Présenté aux juges, le suspect a été mis en examen pour "homicide avec la circonstance aggravante de vol", et placé en détention provisoire, a indiqué son avocat, Bruno Rebstock.

Le suspect, un homme sans emploi décrit comme en "errance intellectuelle" par le procureur de Marseille, Jacques Dallest, avait été interpellé mercredi dans une cité du 15e arrondissement en compagnie de son père et de son frère, tous deux finalement relâchés. Dans sa chambre ont été retrouvées plusieurs traces de l'ADN de la victime, a annoncé vendredi le procureur. Un couteau en particulier, dont le bout de la lame était brisé, portait l'ADN du suspect et celui de la victime.

L'homme nie les faits

L’extrémité manquante de la lame semble correspondre au bout de métal retrouvé dans le corps de Raymonde Talbot lors de son autopsie, a ajouté le procureur. L'ADN de la victime a également été décelé sur un pantalon de sport taché de sang trouvé dans la chambre du suspect. Dans cette pièce, les enquêteurs ont aussi mis la main sur le sac à main de l'avocate, sur des bijoux lui appartenant ou encore sur son relevé d'identité bancaire.

Le jeune homme, qui nie les faits, affirme avoir ramassé les effets personnels de Raymonde Talbot dans une poubelle. Selon Jacques Dallest, qui a évoqué "la dangerosité du personnage", celui-ci tient des propos "peu cohérents" et semble présenter "quelques problèmes psychologiques ou psychiques". Si les motifs restent flous, il semble en tout cas que l'homme connaissait Raymonde Talbot.

Le nom du suspect inscrit sur l'agenda de la victime

Le père du meurtrier présumé avait été défendu par l'avocate il y a une dizaine d'années, "dans une affaire de crime de sang", et le nom de la famille a été retrouvé par les enquêteurs sur l'agenda de la victime, à la date de sa mort, le 30 novembre. L'avocate de 66 ans, spécialisée en droit de la famille, avait été découverte par son associé, mortellement poignardée dans son cabinet de la rue Saint-Ferréol, tout près du Vieux-Port. Une dizaine de coups de couteau, "très violents" selon le procureur, notamment à la gorge et dans le dos, lui avaient été portés.