Arbitrage Tapie : Christine Lagarde, directrice générale du FMI, sera jugée devant la CJR

La commission d'instruction de la Cour de justice de la République a décidé que la directrice générale du FMI serait jugée dans l'affaire de l'arbitrage dont avait bénéficié Bernard Tapie en 2008, pour solder un litige avec le Crédit Lyonnais. Elle va déposer un recours. Le FMI lui a apporté son soutien, tout comme Michel Sapin qui estime qu'étant présumée innocente, elle peut rester à son poste.

(Christine Lagarde et Bernard Tapie ©Reuters)

La commission d'instruction de la Cour de justice de la République a décidé le renvoi devant la formation de jugement de la CJR de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, dans l'affaire de l'arbitrage Tapie. Un non-lieu avait été requis en septembre dernier pour l'ancienne ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur l'arbitrage dont avait bénéficié Bernard Tapie en 2008. Les magistrats instructeurs de la CJR n'ont donc pas suivi cette recommandation.

L'homme d'affaires et son épouse, leurs sociétés et leurs liquidateurs judiciaires ont été condamnés le 3 décembre à rembourser les 404 millions d'euros versés en vertu de l'arbitrage qui avait soldé leur litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.

Un recours déposé, la confiance du FMI

L'avocat de Christine Lagarde a immédiatement annoncé un recours contre une décision qualifiée "d'incompréhensible". De son côté, le porte-parole du FMI a indiqué que le Fond monétaire international continuait "d'apporter sa confiance" à sa directrice générale. Michel Sapin, le ministre des Finances, a lui expliqué qu'étant présumée innoncente, Christine Lagarde pouvait rester à la tête du FMI. 

Christine Lagarde est poursuivie pour "négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique". Le tribunal arbitral avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), véhicule public chargé de liquider les actifs du Crédit Lyonnais, à verser à Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral, soit 403 millions d'euros avec les intérêts.