Allinges : la dangerosité des passages à niveau en procès

Le 2 juin 2008, un car scolaire engagé sur la voie ferrée se faisait percuter par un TER. Bilan : sept morts, et 25 blessés. Le chauffeur du car, mais aussi la SNCF et Réseau ferré de France comparaissent devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains. Le procès dure jusqu'au 12 avril.

(Denis Balibouse Reuters)

Ce 2 juin 2008, la classe revient d'une sortie. L'ambiance est à la rigolade lorsque subitement le car s'arrête, sur les voies de chemin de fer. Nous sommes au passage à niveau de Mesinges, sur la commune d'Allinges, en Haute-Savoie. Les barrières se sont refermées sur le car - le chauffeur a-t-il ignoré le feu rouge clignotant, censé avertir du passage à niveau, ou ce feu ne fonctionnait-il pas ?

Ce sera au procès de le dire. Il s'ouvre ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, et dure jusqu'au 12 avril. Trois personnes comparaissent : le chauffeur, poursuivi pour homicide involontaire - il lui est reproché d'avoir commis plusieurs fausses manoeuvres, comme d'avoir arrêté son car en pleine traversée du passage à niveau.

Car, au moment où le car se trouve bloqué, le TER, qui assure la liaison Evian-Genève, déboule dans un virage. Voit le car au dernier moment. Trop tard. Dans la collision, le car est littéralement coupé en deux. Sept enfants, âgés de 11 à 13 ans, sont tués, et 25 blessés.

SNCF et RFF mis en examen

La SNCF et Réseau ferré de France sont également accusés d'homicide involontaire. Leur mise en examen est récente : elle date de janvier 2012. Les juges d'instruction leur reprochent d'avoir insuffisamment tenu compte de la dangerosité du passage à niveau. D'ailleurs le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, est cité comme témoin, le 10 avril.