Affaire Seznec : l'os retrouvé est celui d'un jeune bovin

L'os se rapproche "de ce que l'on connaît de bovidés ou de cervidés", a expliqué, mardi, à France Bleu Breizh Izel, le paléontologue Jean-François Tournepiche.

Photo de la maison de la famille Seznec à Morlaix (Finistère), le 26 février 2018.
Photo de la maison de la famille Seznec à Morlaix (Finistère), le 26 février 2018. (FRED TANNEAU / AFP)

On pensait l'affaire Seznec relancée après la découverte d'ossements dans l'ancienne maison de la famille à Morlaix (Finistère). Mais les fragments trouvés sont ceux "d'un mammifère, relativement jeune", a expliqué à France Bleu Breizh Izel le paléontologue Jean-François Tournepiche, qui a examiné les ossements. "La forme exclut que ce soit un os humain", assure-t-il.

Guillaume Seznec a été condamné en 1924 au bagne à perpétuité pour le meurtre un an plus tôt de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère avec lequel il était associé en affaires. Mais le corps de Pierre Quémeneur n'a jamais été retrouvé et Guillaume Seznec, condamné sans preuves, n'a jamais avoué. 

Un os âgé de 30 mois maximum

L'os est "une épiphyse, une extrémité d'os, d'un fémur droit d'un mammifère, d'une morphologie très différente des os humains", explique le paléontologue. Elle se rapproche "de ce que l'on connaît de bovidés ou de cervidés". "Si je vous montrais un fémur humain et un fémur de bovidé, sans être anatomiste, vous verriez tout de suite que ce n'est absolument pas la même chose. On ne peut pas les confondre. La forme des articulations est tout à fait différente en volume, en orientation et en proportion", ajoute-t-il.

Autre "argument massue", selon le paléontologue : c'est "un os qui, biologiquement, n'est pas âgé de plus de 24 à 30 mois. Comment l'attribuer à un adulte humain ?"

De son côté, le petit-fils de Guillaume Seznec, Denis Seznec, a déclaré à Paris Match que le directeur du CNRS lui avait confirmé qu'il s'agissait de restes d'animaux : "J’attends la datation des os et les résultats ADN, mais le principal est de savoir qu’il ne s’agit pas d’un squelette humain." Les os ont été confiés à un anthropologue de Rennes, qui ne rendra pas son avis avant quinze jours.