Affaire de Tarnac : Julien Coupat et 7 autres personnes renvoyés en correctionnelle, la qualification de "terrorisme" abandonnée

Présenté comme proche de l'ultra-gauche, ses membres sont soupçonnés d'être à l'origine de sabotages de lignes SNCF sur des caténaires dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne, en 2008.

Un membre du \"groupe de Tarnac\", arrêté par la police antiterroriste, le 11 novembre 2008 à Tarnac (Corrèze).
Un membre du "groupe de Tarnac", arrêté par la police antiterroriste, le 11 novembre 2008 à Tarnac (Corrèze). (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

"La qualification 'terroriste' a été abandonnée pour l'ensemble des infractions", selon une source judiciaire citée par l'AFP, samedi 8 août. Huit militants libertaires, dont Julien Coupat, ont été renvoyés en correctionnelle dans l'affaire dite du  "groupe de Tarnac". Présenté comme proche de l'ultra-gauche, ses membres sont soupçonnés d'être à l'origine de sabotages de lignes SNCF sur des caténaires dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne, en 2008.

Parmi les prévenus, Julien Coupat, 40 ans, leader présumé du groupe, sa compagne Yildune Lévy, 31 ans, et deux autres personnes sont renvoyés en procès pour "association de malfaiteurs". Quatre autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de donner leur ADN et, pour deux d'entre elles, pour "falsification de documents administratifs".

Dans son ordonnance rendue vendredi, Jeanne Duyé, la juge d'instruction antiterroriste en charge du dossier, n'a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait que la circonstance aggravante d'"entreprise terroriste" soit retenue à l'encontre de trois militants, dont Julien Coupat et Yildune Lévy.

Le parquet a cinq jours après la signature de l'ordonnance pour faire appel devant la chambre d'instruction.

Sept années d'instruction

"Après près de sept années d'instruction complètement à charge, nous avons enfin une décision de justice courageuse. C'est un désaveu total pour le parquet", ont réagi Marie Dosé et William Bourdon, avocats des prévenus.

"Depuis le début, nos clients ont été considérés et traités comme des terroristes. On se rend compte enfin que ce qualificatif ne tient pas", ont-ils ajouté.

Cette affaire a suscité une vive polémique, le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, ayant été accusés de l'instrumentaliser en insistant sur son caractère terroriste.