Journée de solidarité : 2,5 milliards d'euros attendus

20 à 30% des salariés travaillent aujourd'hui, même si le lundi de Pentecôte est à nouveau férié. Depuis 2008, les employeurs s'organisent comme ils veulent - suppression d'un jour de congé ou de RTT, cadeau aux salariés... Cette journée de travail non rémunérée doit rapporter 2,46 milliards d'euros.

(Sur la devanture d'un magasin de Colmar, en 2007 © MaxPPP)

C'est une journée qui rapporte : près de 23,5 milliards d'euros en dix ans, dont 2,41 milliards en 2013, et 2,46 milliards attendus cette année. Pour financer la prise en charge des personnes âgées. En ce lundi de Pentecôte, gros plan sur la "journée de solidarité". 

Mise sur pied en 2004, en réaction à la canicule meurtrière de 2003, cette journée avait initialement été fixée au lundi de Pentecôte, qui devenait du coup un jour travaillé. Depuis 2008, l'histoire a évolué : le lundi de Pentecôte est à nouveau férié ; à charge pour chaque salarié de "donner" un jour de congé ou de RTT, à moins que l'employeur n'en fasse cadeau.

Bref, aujourd'hui, en ce lundi de Pentecôte, un peu plus de 20 % des salariés sont tout de même au travail. 20 à 30 %, a estimé le groupe de services en ressources humaines Randstad, sur la base d'une étude menée à partir des demandes d'intérimaires dans son réseau national. 23%, selon un sondage Ifop - en hausse de 6 points par rapport à un sondage de 2010, mais très loin des 44 % relevés en 2005.

Lundi en grève

L'activité économique fonctionne du coup au ralenti. La majorité des groupes industriels est à l'arrêt ; dans le BTP l'activité est faible ; les entreprises de logistique sont fermées - les poids-lourds n'ont pas le droit de circuler ce jour. Les commerces, eux, sont ouverts, mais les transports en commun fonctionnent au ralenti.

Et la journée de solidarité continue de faire débat. La CFTC, pour qui "tout travail mérite salaire" , a écrit au ministre du Travail pour lui demander de mettre fin à une "injustice" .  Le syndicat a déposé un préavis de grève pour couvrir "tous les salariés qui choisiraient de ne pas travailler ce lundi ou tout autre jour imposé par leur employeur sous couvert d'une fausse solidarité" .