Jef Aérosol fait entrer le street art en prison

Depuis dix mois, l'artiste Jef Aerosol initie les détenus de la centrale d'arrêt de Saint-Martin-de-Ré à l'art du pochoir. Le résultat, une fresque qui suscite l'inspiration et donne vie aux murs de la prison.

(Le street-artiste nantais Jef Aerosol a initié plusieurs détenus au pochoir © Maxppp/Alexis Christiaen)

De l'art pour donner vie à la prison. C'est ce que proposent depuis septembre la centrale d'arrêt de Saint-Martin-de-Ré et la galerie Xin-Art, en partenariat avec l'Education nationale et le service pénitentiaire d'insertion et de probation. Le street-artiste Jef Aérosol, originaire de Nantes mais qui réside à Lille depuis de nombreuses années, est venu régulièrement rendre visite à six détenus depuis dix mois pour leur apprendre le pochoir urbain qu'il pratique depuis 1982.  A la clé : une exposition et une grande fresque dans la cour de l'établissement.

 

"Il faut vraiment que cette fresque soit la leur"

L'objectif, c'était de proposer une activité aux détenus solitaires, ceux qui sortent peu de leur cellule. "On partage, je ne cherche pas à savoir ce qu'ils ont fait ni pourquoi ils sont ici, ce n'est pas mon propos. C'est une fresque collective et c'est eux qui verront cette fresque tous les jours. Il faut vraiment  que cette fresque soit la leur ", explique l'artiste au micro de Félix Mathieu de France Bleu La Rochelle. 

Patrice, un des six détenus qui participent à cette initiative, a réalisé plusieurs portraits de Nelson Mandela au pochoir. Cette opportunité lui a permis de  réaliser des tableaux qu'il "n'aurait pas pu faire sans ". "Je me suis rendu compte que ce qui m'était donné c'était un puits de possibilités de pouvoir réaliser des choses ", explique-t-il. En juillet, les œuvres de ces détenus seront également visibles à la galerie Xin-Art.

REPORTAGE - Félix Mathieu, France Bleu La Rochelle | De l'art pour donner vie à la prison de Saint-Martin-de-Ré
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