Malte : l’avortement reste un crime dans le pays

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Malte : l’avortement reste un crime dans le pays
FRANCE 2
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France Télévisions

L’avortement est toujours considéré comme un crime à Malte. Certaines femmes doivent interrompre leur grossesse en secret et les mentalités ne semblent pas en passe de changer dans le pays.

Malte est le dernier pays européen où l’avortement reste encore un crime qui peut conduire une femme et son médecin en prison. Une jeune femme de 22 ans, rencontrée par les équipes de France 2, a dû interrompre une grossesse non désirée en cachette, sans personne à qui se confier. "Mes parents n’en savent toujours rien", confie-t-elle. Elle a trouvé un médecin à l’étranger qui lui a prescrit une pilule abortive, qu’elle a reçue par la poste. La jeune femme ne sait pas d’où provient le cachet. Chaque année, 500 Maltaises avortent ainsi dans l’isolement. 

Des mentalités qui peinent à changer 

Gynécologue, la docteure Isabel Stabile tente de faire évoluer les mentalités et essaye de sensibiliser la population. Elle souhaite que l’avortement soit légalisé dans le pays. La spécialiste fait régulièrement face à des refus, certaines personnes jetant ses tracts à la poubelle. La société maltaise est catholique et conservatrice. En mai dernier, le gouvernement a écarté une proposition de loi ouvrant le droit à l’avortement. Il ne compte pas changer les textes ni les sanctions prévues par la loi. Certaines peines peuvent aller jusqu’à trois ans de prison pour les femmes et les personnes qui les aident, quatre ans pour les médecins. En pratique, il n’y a pas de femmes incarcérées à Malte pour avortement, mais la pression légale induit une terrible culpabilité.

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