L'Irlande organisera le 25 mai un référendum pour autoriser l'avortement

L'interruption volontaire de grossesse n'est autorisée dans le pays que depuis 2013 et qu'en cas de risque mortel pour la mère. 

Des manifestants pour la libéralisation de l\'IVG manifestent à Dublin (Irelande), le 8 mars 2018.
Des manifestants pour la libéralisation de l'IVG manifestent à Dublin (Irelande), le 8 mars 2018. (CLODAGH KILCOYNE / REUTERS)

La décision est historique. L'Irlande organisera le 25 mai prochain un référendum sur la libéralisation de l'avortement. L'enjeu ? Abroger ou non la législation actuelle, l'une des plus restrictives en Europe puisqu'il n'est autorisé qu'en cas de risque mortel pour la mère. "Le référendum pour abroger le 8e amendement [de la Constitution] aura lieu le vendredi 25 mai", a écrit sur Twitter mercredi 28 mars le ministre irlandais de la Santé, Simon Harris, engagé en faveur d'une libéralisation de la loi. "Le peuple aura son mot à dire." 

L'organisation du référendum a été approuvée par les deux chambres du Parlement irlandais. En cas de majorité, il reviendra au gouvernement d'élaborer un nouveau projet de loi, qui devrait autoriser l'avortement dans les douze premières semaines de grossesse.

Un crime passible de 14 ans de prison

L'avortement a toujours été illégal en Irlande, mais son interdiction n'a été insérée dans la Constitution qu'en 1983. L'exception à cette interdiction – le risque mortel pour la mère – a été ajoutée en 2013, peu après la mort d'une femme enceinte, des suites d'une grossesse à problèmes que ses médecins avaient refusé d'interrompre. Néanmoins, le viol, l'inceste ou la malformation du foetus ne sont pas des raisons légales d'avorter, et une telle intervention constitue un crime passible d'une peine de 14 ans de prison. Des milliers d'Irlandaises se rendent chaque année à l'étranger, principalement au Royaume-Uni, pour avorter.