Hausse des avortements en 2019 : "Quelle que soit la personne qui essaie d'avorter, c'est de plus en plus compliqué", déplore le Planning familial en Île-de-France

Marianne Niosi, présidente de la fédération francilienne du Planning familial, affirme que l'IVG est toujours stigmatisée en France. Les médecins disposant d'une clause de conscience, ils peuvent toujours refuser de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse.

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Radio France
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Le centre d'IVG et de service social de l'hôpital de Perpignan (Pyrénées-orientales). Photo d'ilustration. (MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP)

"Quelle que soit la personne qui essaie d'avorter, c'est de plus en plus compliqué", a expliqué jeudi 24 septembre sur franceinfo Marianne Niosi, présidente de la fédération Île-de-France du Planning familial, alors que le taux de recours à l'avortement a légèrement augmenté en 2019, avec plus de 232 000 IVG pratiquées en France, atteignant son plus haut niveau constaté depuis trente ans.

Le doit à l'IVG entravé par les déserts médicaux

45 ans après sa légalisation en France, l'Interruption volontaire de grossesse reste encore difficile d'accès pour une part non négligeable des femmes s'inquiète Marianne Niosi, notamment pour "les dix pour cent des plus précaires" qui sont "les femmes qui avortent le plus". "Elles n'ont pas accès à un médecin et n'ont pas accès aux soins. Donc encore moins à une contraception qui leur convienne", déplore la responsable associative.

La présidente de la fédération Île-de-France du Planning familial souligne par ailleurs le fait qu'il y a "de véritables déserts médicaux qui se sont développés en France". La conséquence selon elle est que "pour des soins très simples comme une IVG, les femmes doivent se déplacer énormément".

Une clause de conscience pour les médecins

Marianne Niosi dénonce également une "stigmatisation continue de l'IVG en France, qui fait qu'il y a une clause spécifique de conscience pour les médecins qui pourraient refuser de pratiquer des IVG dans les hôpitaux. Ce qui fait qu'on a eu des cas, encore récemment, d'hôpitaux qui ont dû fermer leurs services IVG".

La responsable du Planning familial évoque encore le remboursement de l'avortement qui "n'est pas spectaculaire" et "pas à la hauteur du service rendu aux femmes". Selon Marianne Niosi, "les hôpitaux n'ont pas énormément avantage, à l'heure où leurs comptes sont dans le rouge en continu, à développer une activité d'IVG".

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