Corée du Sud : des centaines de médecins protestent contre le renforcement des restrictions à l'IVG

Le ministère sud-coréen de la Santé a modifié, début août, la réglementation pour durcir les sanctions à l'encontre des médecins pratiquant des IVG.

Des manifestants réclament un assouplissement de la loi sur l\'IVG en Corée du Sud, à Séoul, le 7 juillet 2018.
Des manifestants réclament un assouplissement de la loi sur l'IVG en Corée du Sud, à Séoul, le 7 juillet 2018. (ED JONES / AFP)

De nombreux médecins sud-coréens ont entamé une grève de l'interruption volontaire de grossesse, mercredi 29 août, pour protester contre le durcissement de la loi sur l'avortement. Dans ce pays, l'IVG n'est autorisée qu'en cas de viol (qui doit être prouvé par la victime), d'inceste ou de menace pour la santé de la mère (qui doit alors obtenir le consentement de son partenaire). La loi est cependant largement ignorée et les avortements sont fréquents.

Théoriquement, une Sud-Coréenne qui avorte sans respecter ces conditions risque un an de prison, et le médecin réalisant l'opération en encourt deux. La loi, qui date de 1953, fait actuellement l'objet d'un recours devant la Cour constitutionnelle. Mais le ministère sud-coréen de la Santé a modifié, début août, la règlementation pour durcir les sanctions à l'encontre des médecins pratiquant des IVG. Les autorités médicales ont désormais la possibilité de suspendre leur licence pour un mois sans qu'ils n'aient été condamnés au pénal. L'avortement a également été qualifié "d'action médicale immorale", au même titre que les agressions sexuelles contre les patients.

"Nous refusons de pratiquer les IVG" en conséquence, a déclaré mercredi l'Université coréenne des obstétriciens et des gynécologues, une organisation professionnelle qui représente environ 2 000 praticiens. Sa vice-présidente a estimé que qualifier les médecins d'immoraux était "tout simplement consternant". Elle a rappelé que les femmes qui se font avorter sont souvent jeunes ou pauvres. "Dans ces circonstances, il faut se demander si les contraindre à donner naissance est moral ou non", a-t-elle ajouté, invoquant "le droit de choisir".