50 ans après le manifeste des "343" femmes pour l’IVG, ce droit "reste fragile et attaqué très régulièrement", selon le Planning familial

Le débat porte maintenant sur l'allongement de la période de recours à l'interruption volontaire de grossesse.

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Radio France
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Sarah Durocher, co-présidente nationale du Planning familial, tient en main le nouveau "Manifeste des 343", le 4 avril 2021. (ERIC MALOT /REPUBLIQUE DU CENTRE/ MAXPPP)

Sarah Durocher, co-présidente nationale du Planning familial, a rappelé lundi 5 avril sur franceinfo que le droit à l’IVG "reste fragile et attaqué très régulièrement" alors que cinquante ans après la publication dans le Nouvel Observateur du "manifeste des 343 salopes" en faveur de l'avortement, une nouvelle tribune a été publiée dimanche. Des artistes, des féministes, des politiques, demandent l'allongement de la période de recours à l'interruption volontaire de grossesse. 

franceinfo : C’est un combat qui est toujours d’actualité pour les femmes ?

Sarah Durocher : Oui, tout à fait. C'est un droit qui a beaucoup évolué en cinquante ans, mais qui reste fragile et attaqué de manière très régulièrement, que ce soit dans le monde, en Europe, et en France également. D'où un nouveau manifeste 50 ans plus tard. 

Dans un manifeste publié dans le Journal du dimanche, 343 femmes, dont Najat Vallaud-Belkacem ou Vanessa Paradis, réclament l’allongement du délai légal pour avorter. C’est le nouveau combat ?

Le combat est là. Il est vraiment sur l'accessibilité pour toutes. Il est vraiment très ciblé sur la question de l'allongement des délais pour soutenir le projet de loi qui est déjà passé à l'Assemblée nationale et au Sénat et qui a été stoppé en février à l'Assemblée nationale. C’est vraiment une revendication forte du Planning familial, mais aussi de professionnels, de parlementaires, d'anonymes et de célébrités aujourd'hui qui cherchent à pousser Olivier Véran, ministre de la Santé, et Élisabeth Morano, ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, à se prononcer à ce sujet-là. 

Vous souhaitez gagner deux semaines ?

Tout à fait. Il faut se rappeler juste qu'au tout début de la loi, il s'agissait de dix semaines. En 2001, il y a eu une modification. On a allongé le délai à 12 semaines.

Vingt ans plus tard, il serait temps d'écouter les femmes, les associations et les professionnels qui sont sur le terrain et d'augmenter ce délai de 14 semaines.

Sarah Durocher, co-présidente nationale du Planning familial

à franceinfo

Sentez-vous aujourd’hui une remise en question du droit à l’IVG ?

À partir du moment où l'on n'écoute pas les revendications des associations, des femmes concernées, bien sûr qu'il y a un questionnement. Pourquoi est-ce qu'encore une fois, les demandes ne sont pas entendues ? Pourquoi est-ce si compliqué de débattre encore sur l'avortement ? Cela montre bien que l'avortement est encore quelque chose d’à part alors qu'il fait partie de la vie des femmes. Il faut se rappeler qu'une femme sur trois avortera en France.

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