VIDEOS. "Qu'est-ce que c'est que ces méthodes ?" : la ministre Jacqueline Gourault et les députés LR s'accrochent sur la loi Asile et immigration

La ministre Jacqueline Gourault a poussé un gros coup de colère mercredi soir contre les députés LR, les accusant de "méthodes autoritaires" en lui demandant toute la soirée si le gouvernement avait "un plan caché" de régularisations lors du débat sur le projet de loi Asile et immigration.

Jacqueline Gourault, lors d\'une séance de questions au gouvernement, à l\'Assemblée nationale, le 14 février 2018.
Jacqueline Gourault, lors d'une séance de questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 14 février 2018. (MAXPPP)

Soirée très tendue, mardi 18 avril, à l'Assemblée sur le projet de loi Asile et immigration, où les députés Les Républicains ont réussi à bloquer l'avancée des débats et à faire sortir de ses gonds la ministre Jacqueline Gourault en fin de séance. L'incident est survenu après minuit, mais couvait depuis le début d'une soirée électrique sur tous les bancs.

Pendant toute la soirée, les députés LR, notamment Fabien Di Filippo et Pierre-Henri Dumont, sont revenus à la charge contre le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, relayé ensuite par la ministre Jacqueline Gourault, pour savoir si le gouvernement avait un "plan caché de 40 000 régularisations" de sans-papiers, un chiffre évoqué par un élu de la majorité dans un article du Monde (article abonnés). En commission, Gérard Collomb avait juste indiqué que "lorsque nous aurons examiné l'ensemble des articles de cette loi, nous pourrons débattre de ce qu'il convient de faire au sujet des personnes qui se trouvent sans statut."

Cette insistance a fini par faire réagir Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, en fin de séance. "Monsieur Jacob [président du groupe LR], vous allez laisser continuer ces méthodes pendant longtemps ? Obliger un ministre à répondre ? Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie. Qu'est-ce que c'est que ces méthodes ?", a tonné la ministre.

"C'est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement"

Christian Jacob a répondu en jugeant que Jacqueline Gourault "perdait son sang-froid". "C'est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement, pas l'inverse, a-t-il répliqué. Je regrette que la ministre ait décidé délibérément de ne pas répondre à nos questions", a-t-il ajouté.

La réponse de Jacqueline Gourault a été également jugée "déplacée" par la socialiste Laurence Dumont. 

Cet incident n'était  que la conclusion d'une soirée tendue dans un hémicycle empli de près de 200 députés, débutée par de multiples rappels au règlements de LR et de la gauche.