Trop d'enfants sont enfermés dans les centres de rétention administrative, dénoncent cinq associations

Le nombre d'enfants de moins de 12 ans augmente encore dans les centres de rétention administrative. Cinq associations tirent la sonnette d'alarme, particulièrement à Mayotte où les enfants étrangers sont 30 fois plus nombreux qu'en métropole dans ces centres.
Article rédigé par franceinfo, Gaële Joly
Radio France
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Le centre de Rétention Administrative de Lyon, le 30 juillet 2023. (NICOLAS LIPONNE / HANS LUCAS)

Trop d'enfants sont enfermés dans les centres de rétention administrative (CRA) dénoncent cinq associations de défense des migrants, dont la Cimade et France Terre d'Asile, dans leur dernier rapport annuel. La moitié de ces enfants avait moins de 12 ans. Leur nombre a augmenté entre 2021 et 2022, passant de 76 à 94 dans l'Hexagone. Selon ce rapport, même pour une durée courte, "l'enfermement a des conséquences dramatiques sur la santé mentale des enfants : repli sur soi, les insomnies, le refus de s'alimenter, et le stress post-traumatique".

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Le nombre d'enfants enfermés est par ailleurs bien plus élevé en outre-mer : à Mayotte, 2 905 enfants ont été enfermés en CRA ou LRA (locaux de rétention administrative), soit 30 fois plus que dans l'Hexagone, dénoncent les associations. Ces enfants représentent plus de 11% de l’ensemble des personnes enfermées et des éloignements à Mayotte. Dans son futur projet de loi sur l'immigration, le ministre de l'Intérieur prévoit d'interdire la rétention des enfants de moins de 16 ans dans les CRA, mais uniquement dans l'Hexagone.

Une augmentation de 8,3%

Le rapport pointe aussi l'allongement des durées de détention et des conditions indignes. À Mayotte par exemple, "les parents qui ont des nourrissons n’ont droit qu’à un seul biberon pendant toute la durée de la rétention. À plusieurs reprises, les fontaines d’eau se sont retrouvées hors service sans qu’aucune autre alternative ne soit proposée, exceptée la remise au moment de l’intégration d’une bouteille d’eau de 50 cl. À titre de rappel, les températures, à Mayotte, oscillent entre 35 et 40 degrés".

Ces associations pointent aussi des détentions abusives : "Au CRA de Bordeaux", citent-elles, "les préfectures ont de plus en plus souvent recours aux placements dits de confort ; des personnes sont enfermées en rétention pour 24h, ou moins, dans le seul but de faciliter l’organisation logistique de leur expulsion." 

Dans l'Hexagone, le nombre de placements en rétention des adultes et des enfants a globalement augmenté de 8,3% en 2022. L'année dernière, 15 922 personnes ont été enfermées dans les CRA de l'Hexagone, 94,1% étaient des hommes.

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