Propos de Noël Le Graët : "C'est très dangereux de faire une hiérarchie entre l'homophobie et le racisme", estime Lilian Thuram

L'ancien international français a réagi sur franceinfo, après la décision du président de la Fédération française de football de ne plus interrompre les matchs en cas de propos ou de banderoles homophobes.

L\'ancien international français Lilian Thuram.
L'ancien international français Lilian Thuram. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

"Je pense que c'est très dangereux de faire une hiérarchie entre l'homophobie et le racisme", a réagi mardi 10 septembre sur franceinfo Lilian Thuram, président de la fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme, après la décision du président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, de ne plus interrompre les matchs de football en cas d'injures homophobes.

"L'homophobie et le racisme, c'est exactement la même chose. Les supporters oublient que l'homophobie, c'est de la violence", dénonce l'ancien footballeur international et champion du monde en 1998. "Il y a des personnes homosexuelles qui sont agressées dans la rue, il y a des enfants qui se donnent la mort, il y a des parents qui renient leurs enfants. Je pense que le football peut aussi éduquer la société", a détaillé sur franceinfo Lilian Thuram.

L'ancien footballeur reconnaît avoir eu des "idées homophobes" lorsqu'il était jeune. "Je me souviens très bien, lorsque j'étais jeune joueur et qu'à la mi-temps l'entraîneur voulait nous secouer un peu, il nous disait des mots très homophobes", a-t-il confié. 

En grandissant, on vous éduque et vous finissez par comprendre que le racisme et l'homophobie, c'est exactement les mêmes mécanismes, il y a la violence au bout.Lilian Thuramà franceinfo

Pour lui, "les joueurs doivent prendre position notamment auprès de leurs supporters". "Très souvent, certaines personnes ne veulent pas changer leurs habitudes et lorsque vous demandez aux supporters de changer leurs habitudes, ils se braquent. Mais il faut leur expliquer. Ils ne comprennent peut-être pas la violence de ce qu'est l'homophobie", a conclu l'ancien joueur.