Pologne : trois personnes inculpées après avoir drapé un statue du Christ avec un drapeau LGBT

Ces militants ont offensé "les sentiments religieux", a commenté un porte-parole de la police. 

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France Télévisions
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Des militants placent un drapeau arc-en-ciel et un bandana aux symboles anarchistes sur une statue du Christ de l'église de la Sainte-Croix, le 29 juillet 2020 à Varsovie (Pologne). (SOCIAL MEDIA / X04130)

Trois personnes – deux femmes et un homme – ont été mises en examen pour avoir recouvert la semaine dernière une statue de Jésus et d'autres monuments de Varsovie de drapeaux LGBT, a annoncé la police polonaise mercredi 5 août.

"La police de Varsovie a inculpé deux personnes pour la profanation de monuments de Varsovie", a déclaré le porte-parole Sylwester Marczak, cité par l'agence PAP (en polonais). "Nous menons des poursuites judiciaires non pas parce que quelqu'un a accroché un drapeau, mais parce que, ce faisant, il a offensé les sentiments religieux et profané notamment le monument du Christ." Le chef d'inculpation de la troisième personne n'a pas été précisé.

"C'est un assaut ! Un arc-en-ciel"

Les statues de Copernic et de la sirène de Varsovie, symbole de la capitale polonaise, figuraient parmi les autres monuments recouverts de drapeaux LGBT et de bandanas portant un symbole anarchiste. Pour expliquer leur acte, des militants ont publié en ligne un manifeste (en polonais), notamment sur la page Facebook "Stop Bzdurom" (Stop aux idioties). "C'est un assaut ! Un arc-en-ciel. C'est une attaque ! Nous avons décidé d'agir", ont-ils écrit dans ce texte. "Tant que j'ai peur de vous tenir la main. Tant qu'il y aura encore des camionnettes avec des signes homophobes dans la rue."

Seuls 29% des Polonais soutiennent le mariage des personnes homosexuelles, selon un sondage d'opinion réalisé en 2019 par l'institut CBOS (PDF en anglais). Lors de la campagne électorale avant le scrutin présidentiel de juillet, les conservateurs au pouvoir en Pologne, pays profondément catholique, ont largement utilisé une rhétorique anti-LGBT, provoquant des protestations des institutions internationales. Le président Andrzej Duda, qui a été reconduit à l'issue du scrutin, avait alors comparé "l'idéologie LGBT" au "néobolchévisme".

Plusieurs communautés régionales polonaises ont récemment adopté des résolutions en se déclarant des "zones sans idéologie LGBT". Le mois dernier, la Commission européenne n'a pas retenu les candidatures de certaines de ces villes pour des subventions dans le cadre d'un programme de jumelage européen, une première mesure de ce type.

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