Cyberharcèlement : Il faut "faire des progrès importants en matière de discours de haine", affirme un responsable de Facebook France

Facebook France va "développer des technologies qui permettent une détection automatique ou semi-automatique des propos haineux".

Chez Facebook, les standards de la communauté interdisent les discours de haine sur le réseau social.
Chez Facebook, les standards de la communauté interdisent les discours de haine sur le réseau social. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Anton Battesti, responsable affaires publiques de Facebook France, a réagi sur franceinfo, jeudi 14 février, après la présentation d'un plan d'action du gouvernement contre le harcèlement en ligne, en plein scandale de "La Ligue du LOL". Un plan qui a pour but d'accélérer le retrait des contenus haineux qui circulent sur les plateformes et de responsabiliser ces dernières, qui pourraient être dotées d'un nouveau statut. 


franceinfo : Le retrait des contenus haineux sur les plateformes, est-ce faisable selon vous ?

Anton Battesti : Oui, aujourd'hui il est vraiment important qu'une plateforme comme Facebook ait des règles, chez nous, ce sont les standards de la communauté qui prohibent les discours de haine. Il faut aussi se donner les moyens de les faire appliquer et de retirer très rapidement ces contenus, soit via le signalement, soit via des détections automatiques. On y travaille avec le gouvernement dans le cadre d'une expérience pilote. Il n'y a pas besoin de la loi [pour retirer un contenu haineux, ndlr], ça doit être un engagement des entreprises et des pouvoirs publics. Aujourd'hui, aussi bien les règles du service que les lois déjà applicables imposent ce type de responsabilité auprès des hébergeurs. Maintenant, ce qu'on cherche à faire, c'est améliorer les choses, surtout pour les victimes.

Est-ce que le système des signalements fonctionne aujourd'hui ?

Le signalement fonctionne, on en reçoit beaucoup et j'encourage les utilisateurs à continuer à nous signaler des choses. Par ailleurs, on va aussi développer des technologies qui permettent une détection automatique ou semi-automatique des propos haineux. On a beaucoup progressé en matière de lutte contre la pédopornographie, contre le terrorisme et il faut aussi maintenant faire des progrès importants en matière de discours de haine. C'est comme ça que notre entreprise investit sur les prochaines années.

Concernant l'anonymat, quel est votre point de vue ?

Pour être clair là-dessus, Facebook a une politique d'identité réelle, c'est propre à notre service. Quand vous vous inscrivez sur Facebook, vous devez le faire sous votre propre identité, si vous ne le faites pas votre compte peut être supprimé - d'ailleurs nos rapports de transparence montrent que nous avons supprimé des millions de comptes par le passé. C'est une forme aussi de garantie de respect de l'autre, puisque quand on s'exprime avec sa propre identité on peut avoir des attitudes différentes que lorsqu'on est en anonyme. Pour autant, libre à chaque entreprise de définir sa politique en la matière. Lorsqu'une requête judiciaire légale nous est formulée, nous avons le devoir d'y répondre et nous donnons les données des utilisateurs, quand cela est nécessaire, pour résoudre des enquêtes criminelles, donc on n'est jamais vraiment anonyme sur ces plateformes. Il faut aujourd'hui peut-être accroître ou améliorer cette collaboration quand c'est nécessaire mais aujourd'hui si vous commettez un crime sur Facebook, si on vient nous demander des données, nous les donnerons aux enquêteurs et à la justice.

Qui détermine chez Facebook si le propos est haineux ou pas ? Qui décide de supprimer ou de laisser un contenu sur le réseau social ?

Nous avons une communauté d'experts en interne qui définissent les règles du service et d'ailleurs nous travaillons de plus en plus avec des experts extérieurs parce que nous ne voulons pas être les seuls à définir ce qui pourrait être dit ou pas sur Facebook. Nous allons même créer un comité indépendant que chaque utilisateur pourra saisir quand il y aura un désaccord. Ça, c'est la règle. Ensuite, il faut se donner les moyens de la faire appliquer. On a donc une trentaine de milliers de personnes dans le monde qui sont chargées de faire appliquer ces règles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Sur chaque contenu, commentaire, photo, vidéo, vous pouvez signaler ce contenu et surtout nous dire pourquoi vous le signalez. Nous traitons tous les signalements et nous vous apportons une réponse pour que vous puissiez savoir ce qui a été décidé ou pas.