Cyberharcèlement : les sportifs, même amateurs, cibles de moqueries ou d’insultes sur les réseaux sociaux

Le monde du sport n’échappe pas au fléau du cyberharcèlement. Une enquête du Comité français du fair-play révèle ce mercredi que le sujet reste tabou et touche autant le monde professionnel que les sportifs amateurs.

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Radio France
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Une joueuse de tennis effectue un revers lors de la deuxième journée de l'Open d'Italie au Foro Italico le 15 septembre, 2020. (Illustration) (CLIVE BRUNSKILL / POOL)

Benoit Paire, Alizé Cornet, Nacer Bouhanni, ces sportifs et bien d’autres ont dénoncé ces derniers mois le harcèlement en ligne dont ils ont été victimes. Un phénomène qui s’accroît et qui touche aussi bien le monde professionnel qu’amateur, comme le révèle mercredi 4 mai, l'enquête du Comité français du fair-play, l’un des partenaires du comité national olympique et sportif français (CNOSF).

 Au total, 1 850 jeunes sportifs ont été interrogés, des plus jeunes dans les clubs périscolaires aux futurs pros à l’INSEP. Et 85% d’entre eux disent être familiers aux actes de cyberviolence. Selon cette enquête, un tiers des sondés passent plus de deux heures par jour sur les réseaux sociaux, et même plus de quatre heures pour 14% d’entre eux. Les plateformes les plus souvent utilisées sont Snapchat (75%), Instagram (70%) et TikTok (38%). 

Le lien particulier entre les sportifs et le public 

Le sujet reste néanmoins tabou et une part infime des sportifs sondés avouent avoir été la cible de cyberviolence, malgré l’anonymisation des réponses. Mais plus d’un quart d’entre eux assurent connaître une victime. "Il s’agit de moqueries, d’insultes", détaille Jean-Pierre Mougin, le président du comité français du fair-play.

"Pratiquement 60% des jeunes qui ont été victime ou témoin parlent de menaces et d’intimidations."

Jean-Pierre Mougin, président du comité français du fair-play

à franceinfo

Deux facteurs expliquent que les sportifs soient particulièrement visés. En premier lieu l’argent, avec les désormais très répandus paris sportifs. Selon l’enquête du Comité français du fair-play, s’ils perdent leur pari, 78% des sondés reconnaissent que c’est "leur faute". Plusieurs réponses étant possibles dans cette étude, la moitié des jeunes interrogés notent néanmoins qu’ils attribuent la responsabilité de la perte de leur pari aux joueurs (24%), arbitres (13%), gardiens (8%) ou entraîneurs(8%). Et puis il y a ce lien particulier entre les sportifs et le public. "Il y a cette intimité qui fait que l’on aurait un droit d’aller tutoyer les performances qui seraient décevantes", souligne Philippe Coen, président de l’association Respect Zone qui lutte contre la cyberviolence.

Des concours de cyberéloquence

Pour faire face, l’association organise des concours cyberéloquence dans les structures sportives, clubs, CREPS et INSEP. "Le premier entraînement qu’un sportif effectue, ce n’est pas nécessairement un entraînement lié aux mots, reprend Philippe Coen. Ce qu’on vient compléter dans la formation du sportif, c’est la capacité d’aller marquer des points en étant incisif, convaincant, drôle et éloquent." La modération des messages en ligne représente également un autre outil adapté. 

Depuis le début de saison, une start-up spécialisée dans ce domaine est ainsi devenue partenaire de la Ligue de football professionnel.  

Cyberharcèlement : les sportifs amateurs et professionnels font l'objet "de moqueries, d’insultes" -Le reportage d'Emma Sarango
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