"Vous n'êtes plus seuls, on vous croit" : la Commission inceste appelle les victimes à témoigner

La ligne 0805 802 804, ouverte entre 10 heures et 19 heures, doit permettre aux victimes d'être écoutées par des intervenants et d'être orientées si elles ont besoin d'aide.

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La Commission inceste lance le 21 septembre 2021 une plateforme téléphonique pour recueillir la parole des victimes de violences sexuelles dans l'enfance. (SANDRINE MARTY / HANS LUCAS / AFP)

Libérer la parole. La Commission inceste lance mardi 21 septembre une plate-forme téléphonique pour recueillir la parole des victimes de violences sexuelles dans l'enfance et s'inspirer de leur vécu pour définir des outils pour protéger les enfants. La ligne 0805 802 804 sera ouverte entre 10 heures et 19 heures. Un autre numéro, le 0800 100 811, est adapté aux horaires de l'outre-mer.

"J'avais 7 ans, il en avait 63. C'était mon grand-père. Aujourd'hui je témoigne pour moi, mais aussi pour protéger les enfants des violences sexuelles." La chanteuse Mai Lan, comme l'animatrice de télévision Flavie Flament ou le rugbyman Sébastien Boueilh appelleront les victimes à témoigner dans une campagne de communication pour faire connaître cette ligne téléphonique qui sera mise en service mardi à 10 heures.

Les victimes trouveront aussi les modalités pour témoigner par écrit sur le site internet de la Ciivise, Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, sous l'égide du secrétariat d'Etat chargé de l'Enfance, ou demander à être reçues par elle.

Les violences sexuelles interviennent majoritairement avant 18 ans 

Selon l'enquête nationale Virage de 2015, 14,5% des femmes et 4% des hommes ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Plus de la moitié des femmes et deux tiers des hommes victimes ont subi ces violences avant 18 ans.

En appelant ce numéro dédié, les victimes "seront entendues par des écoutants expérimentés, en mesure de décrypter les mécanismes des violences sexuelles et la stratégie de l'agresseur, qui connaissent l'impact traumatique qu'elles ont. Des écoutants qui pourront les orienter si elles ont besoin d'une aide, psychologique, sociale ou juridique", explique à l'AFP Edouard Durand, coprésident de la Ciivise.

Les victimes se verront en outre proposer de remplir un questionnaire élaboré avec des chercheurs pour documenter les mécanismes des violences sexuelles, leur impact y compris à l'âge adulte, et les réponses sociales et judiciaires qui ont été données. Tout cela nourrira le travail de la Ciivise, qui préconisera à l'horizon 2023 une politique publique pour répondre aux besoins des victimes.

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