Damien Abad accusé de viols : "Nous n'avons de cesse de revendiquer la démission dès qu'il y a des accusations", martèle une avocate

D'après l'avocate, la priorité est que tout le monde soit remis "sur un même pied d'égalité", victime comme mis en cause.

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Le ministre français de la Solidarité, de l'Autonomie et des Personnes handicapées Damien Abad arrive au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2022. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Nous n'avons de cesse de revendiquer la démission dès qu'il y a des accusations, afin que la justice puisse suivre son cours comme elle le doit et qu'il n'y ait pas l'ombre d'un doute", martèle maître Élodie Tuaillon-Hibon, lundi 23 mai sur franceinfo. L'avocate au barreau de Paris a défendu ces dernières années plusieurs plaignantes dans des affaires de violences sexuelles impliquant des politiques, notamment Gérald Darmanin, actuel ministre de l'Intérieur, et Georges Tron, ancien secrétaire d'Etat de François Fillon entre 2010 et 2011.

>> Accusations de viols visant Damien Abad : "La justice est la seule à devoir et à pouvoir trancher", répond la porte-parole du gouvernement

Un ministre, selon elle, rend le "dossier particulier". "Ce sont des personnes de pouvoir, qui incarnent le pouvoir", raison pour laquelle les militantes féministes et les personnes qui luttent contre les violences sexuelles "réclament la mise à l'écart. "Dans tous les autres pays européens ça se passe de cette manière, il n'y a qu'en France que ça ne se passe comme ça", dénonce-t-elle. D'après l'avocate, la priorité est que tout le monde soit remis "sur un même pied d'égalité", victime comme mis en cause.

"Quand vous êtes ministre, vous êtes encore plus en situation de pouvoir et ça ne peut pas ne pas préjudicier à l'enquête, à l'information, au déroulement des choses."

Maître Élodie Tuaillon-Hibon

à franceinfo

Damien Abad, nommé ministre des Solidarités du gouvernement d'Elisabeth Borne, est pour le moment maintenu à son poste. "L'établissement de la vérité, c'est à la justice de le faire", c'est la "seule à devoir ou à pouvoir trancher", a déclaré Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement à l'issue du Conseil des ministres. Une mauvaise réponse selon maître Élodie Tuaillon-Hibon pour qui le principe de présomption d'innocence est "agité pour faire obstacle à la crédibilité des plaintes des victimes". "Il faut arrêter de renverser les choses", a-t-elle conclu.

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