11-Novembre : le président serbe regrette le traitement qui lui a été réservé lors des commémorations à Paris

La presse serbe a publié des photos montrant le président kosovar derrière les chefs d'Etat russe, américain, français et allemand, alors que le président serbe avait été installé en face, dans une autre tribune.

Le président serbe Aleksandar Vucic lors d\'une conférence de presse à Belgrade (Serbie), le 5 novembre 2018.
Le président serbe Aleksandar Vucic lors d'une conférence de presse à Belgrade (Serbie), le 5 novembre 2018. (Milos Miskov / Anadolu Agency / AFP)

Il a expliqué avoir eu "la gorge serrée". Le président serbe Aleksandar Vucic a regretté le traitement qui lui a été réservé, dimanche à Paris, comparé à celui de son homologue kosovar, au cours des cérémonies du centenaire de l'armistice de 1918, a rapporté lundi 12 novembre la presse locale.

La presse serbe a publié des photos montrant le président kosovar Hashim Thaçi derrière le Russe Vladimir Poutine, l'Américain Donald Trump, le Français Emmanuel Macron et l'Allemande Angela Merkel, alors qu'Aleksandar Vucic avait été installé en face, dans une autre tribune.

"Vous pouvez imaginer comment je me sentais"

"Vous pouvez imaginer comment je me sentais", a déclaré Aleksandar Vucic. "Il me semble que je regardais tout le temps le sol et l'écran, ne croyant pas ce que j'étais en train de voir devant moi et sachant le sacrifice fait par le peuple serbe dans la Première Guerre mondiale", a-t-il dit.

Durant la Première Guerre mondiale, la Serbie était dans le camp de la France, du Royaume-Uni et de la Russie contre l'Allemagne et l'Empire austro-hongrois. Le pays a été plusieurs fois envahi par les armées austro-hongroises et allemandes. Selon les historiens, la population de la Serbie est celle qui a en proportion enregistré le plus grand nombre de morts dans ce conflit, tandis que les trois quarts des hommes de l'armée de ce pays ont été tués ou blessés. Au total, sur 4,5 millions d'habitants, 1,25 million de personnes ont été tuées, dont 450 000 militaires. 

"Avec les égards dus à son rang", selon la France

Paris a voulu traiter le président Vucic "avec tous les égards dus à son rang, compte tenu de ce que la Serbie représente pour nous, de notre amitié historique et de son engagement dans la Première Guerre mondiale", a pourtant assuré une source diplomatique française. Dans Le Figaro, une source anonyme du service du protocole de l'Elysée tient un langage moins diplomatique : "On a merdé", assure un membre haut placé de ce service.

Quelques heures après les cérémonies à Paris, un monument symbolisant l'amitié entre la France et la Serbie a été vandalisé à Belgrade, a constaté un photographe de l'AFP. L'inscription "A la France" a été souillée de peinture noire. Emmanuel Macron a prévu de se rendre à Belgrade le 6 décembre.