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Guadeloupe : Hollande rend hommage à la "force d'âme" des anciens esclaves

François Hollande a inauguré dimanche en Guadeloupe le centre caribéen d'expression et de mémoire de la traite et de l'esclavage à Pointe-à-Pitre. 167 ans après l'abolition de l'esclavage en France et aux Antilles (en 1848), le chef de l'Etat a rendu hommage aux victimes de la traite.
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Radio France
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 (Le Memorial Acte se veut un lieu d'expression sur l'esclavage et ambitionne d'apaiser cette mémoire douloureuse © Radio France / Cécilia Arbona)

François Hollande a inauguré ce dimanche en Guadeloupe, avec une trentaine de dirigeants africains et caribéens, le plus grand centre au monde de mémoire sur la traite et l'esclavage. Situé à l'entrée de la baie de Pointe-à-Pitre, le Mémorial ACTe s'étend plus de trois hectares face à la mer, sur lesquelles se dresse un bâtiment pharaonique de 7.800 m2, dont 2.500 m2 d'exposition.

167 ans après l'abolition de l'esclavage en France et aux Antilles (en 1848), le chef de l'Etat a rendu hommage aux victimes de la traite et de l'esclavage :  "Ces hommes, ces femmes, ces enfants ainsi traités étaient des millions, mais chacun était singulier, unique, avec ses sentiments, ses effrois, ses rêves. Rebelles ou résignés, ils figuraient l'humanité dans son opiniâtreté, sa volonté d'être. On crut les déposséder de leur bien le plus précieux, le droit à la vie, en leur imposant une servitude sans fin. Et pourtant, et le mémorial en donne les preuves, que de créations sont parvenues jusqu'à nous à travers les chants, les prières, les arts. Que de carnages mais aussi que de courage dans les mutineries, que d’imagination dans les évasions. Et puis quelle force d'âme, ces hommes, ces femmes, pouvaient quand même dégager de leur labeur de leurs corvées pour se livrer dans les minces espaces qui leur étaient accordés à un bonheur fugace, car ils voulaient, eux-aussi, accéder au bonheur. "

Des symboles, des mots et des actes. A Pointe-à-Pitre, le reportage de Louise Biodet
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 (Le Memorial Acte en Guadeloupe, un espace de 7800m2 dédié à l'histoire de l'esclavage © Radio France / Cécilia Arbona)

Un lieu qui ne fait pas l'unanimité

Plusieurs membres du gouvernement français (Ségolène Royal, Christiane Taubira, Fleur Pellerin notamment), des élus locaux, mais aussi des artistes étaient également présents à cette inauguration du Mémorial ACTe. Parmi ces personnalités, il y avait notamment l'ancien champion du monde de football Lilian Thuram, qui préside la fondation Lilian Thuram / Education contre le racisme. Il tenait à être présent pour l'inauguration de ce lieu :  "C'est un jour symbolique très fort. 167 ans après l'abolition de l'esclavage, il y a enfin un lieu en France où on pourra discuter sereinement du discours qu'a produit l'esclavage, ce discours qui niait l'humanité de certaines personnes selon leur couleur de peau. Et ce discours doit nous emmener à réfléchir sur le discours qui enlève l’humanité de certaines personnes aujourd'hui. par exemple, lorsqu'on parle des immigrés, des sans-papiers, on finit par oublier que ce sont des hommes et des femmes. "

"J'espère que ce lieu sera un lieu où on apprendra aux jeunes générations à défendre l'égalité" (Lilian Thuram)
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Certains ont en revanche décidé de boycotter l'inauguration, à l'image du syndicaliste guadeloupéen Elie Domota, reprochant au gouvernement français de refuser des réparations pour l'esclavage et de n'avoir pas amélioré une "situation très grave" sur le plan social, dans un département frappé par un chômage à 25%. La "seule dette qui doit être réglée " aux descendants d'esclaves est de "faire avancer l'humanité ", a répondu à ses détracteurs François Hollande à Pointe-à-Pitre, restant ferme sur son refus d'une indemnisation financière.

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