Éducation prioritaire : des résultats décevants selon la Cour des comptes

La Cour des comptes publie, mercredi, un rapport sur 40 ans de dispositifs d'éducation prioritaire. L'institution estime que les résultats ne sont pas là, malgré les sommes investies.

Des élèves de CP en classe dédoublée, en REP à Montpellier, en septembre 2017. 
Des élèves de CP en classe dédoublée, en REP à Montpellier, en septembre 2017.  (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

L’éducation prioritaire a coûté 1,6 milliard d’euros en 2017, mais sans que les résultats suivent, constate la Cour des comptes dans un rapport publié, mercredi 17 octobre. Dans ce document, l'institution dresse le bilan de 40 ans d’éducation prioritaire.

Toujours des retards importants en français et mathématiques

Des moyens conséquents sont mis dans ces établissements dits "d’éducation prioritaire" et pourtant les résultats en français et en mathématiques y sont 20 à 35% moins bons que dans les autres établissements. L’objectif fixé était de "réduire à moins de 10% les écarts de niveau" entre les élèves en éducation prioritaire et les autres, rappelle la Cour des comptes.

L'étiquette "éducation prioritaire" n'a pas amélioré les performances scolaires. Pire, elle a parfois un effet pervers en renforçant la mauvaise réputation des établissements. Alors ne faudrait-il pas renoncer à ce label, tout en conservant les moyens, se demande la Cour des comptes. Elle suggère de mieux cibler les moyens alloués en les concentrant sur le primaire et les établissements les plus difficiles.

Tenir compte de la proportion d'élèves en difficulté

La Cour des comptes propose également de sortir de la distinction binaire REP ou non REP, en créant des catégories intermédiaires de collèges. "Ainsi, les moyens alloués seraient modulés pour tenir compte de la proportion des élèves en difficulté, quel que soit leur lieu de scolarisation". Cela permettrait de prendre en compte les 70% d'élèves défavorisés qui ne font pas partie aujourd'hui de l'éducation prioritaire. La juridiction administrative recommande deux ans d'ancienneté minimum pour les enseignants qui y travaillent. Elle salue aussi les dédoublements de CP/CE1, même s'il faudrait les étendre à la grande section de maternelle.

La refonte de l’éducation prioritaire, qui a pour ambition de réduire les écarts de résultats scolaires liés aux origines sociales, est un des chantiers les plus sensibles des prochains mois, pour Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l'Éducation nationale envisage une refonte de l'éducation prioritaire, qui réunit aujourd'hui les écoles et collèges REP et REP+.