Trois chiffres pour dresser un premier bilan de la réforme des rythmes scolaires

L'Education nationale publie, lundi 22 juin, un bilan d'étape après cette première année de généralisation de la semaine de quatre jours et demi dans les écoles maternelles et élémentaires.

Au premier plan, la ministre de l\'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem (à g.) et  le Premier ministre, Manuel Valls, en visite dans une classe de Saint-Benoît, à La Réunion, le 12 juin 2015.
Au premier plan, la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem (à g.) et  le Premier ministre, Manuel Valls, en visite dans une classe de Saint-Benoît, à La Réunion, le 12 juin 2015. (RICHARD BOUHET / AFP)

Avec la fin de l'année scolaire arrive l'heure du bilan. Depuis septembre, toutes les écoles maternelles et élémentaires françaises fonctionnent sur le modèle de quatre jours et demi de cours par semaine. Lundi 22 juin, l'Education nationale a publié un bilan d'étape de cette réforme des rythmes scolaires. Un document qui ne donne aucune indication sur l'essentiel de la réforme, à savoir l'impact – positif ou négatif – des nouveaux rythmes sur les apprentissages des enfants. Il est actuellement "trop tôt pour [le] mesurer scientifiquement", selon le ministère, qui assure néanmoins que deux études sur le sujet seront lancées en septembre prochain. 

Le but affiché du gouvernement était d'adapter les temps d'enseignements aux phases de concentration des enfants. Pour de nombreuses communes, l'organisation des activités périscolaires s'est avérée compliquée et des ajustements sont envisagés pour la rentrée prochaine.

Francetv info revient en trois chiffres sur la mise en place de la réforme des rythmes scolaires.

14% des écoles ont choisi de rassembler les activités périscolaires sur une seule après-midi

Le décret Hamon du 7 mai 2014, publié pour calmer les tensions et aider les communes à s'organiser, permet à chaque établissement d'adapter son emploi du temps en regroupant l'ensemble des activités périscolaires sur une seule après-midi. Au total, 14% des écoles ont fait ce choix pour la rentrée 2015, dont les deux tiers se sont engagées pour une expérimentation sur trois ans. Elles étaient 13% l'année précédente.

Parmi elles, 56% avaient privilégié le vendredi après-midi, mais, en 2015, beaucoup ont fait machine arrière, souvent en faveur du jeudi après-midi. Un exemple type : la ville de Marseille.

L'Education nationale l'assure dans son rapport, "les organisations du temps scolaire sont caractérisées par une très grande stabilité entre la rentrée 2014 et la rentrée 2015". Ce qui "ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait pas eu des ajustements horaires réalisés par les communes afin, notamment, de prendre en compte l'évolution de l'offre d'activités périscolaires."

Autre constat : seuls 2,3% des enfants auront cours le samedi matin à partir de septembre prochain. Cette préférence du samedi par rapport au mercredi reste un choix marginal.

80% des communes auront mis en place un projet éducatif territorial (PEDT) à la rentrée

Selon l'Education nationale, 14 000 des 23 000 communes ont déjà mis en place un projet éducatif territorial (PEDT) et "au moins 80% d'entre elles seront couvertes à la rentrée 2015". Ce dispositif permet à l'Etat de valider les activités périscolaires proposées par chaque commune afin de garantir la sécurité des enfants, ainsi que la qualité éducative. Ce qui permet notamment d'empêcher que ce temps ne se transforme en simple garderie.

"Il s'agit bien de penser la continuité, la cohérence et la complémentarité des temps éducatifs pour éviter leur simple juxtaposition", explique le rapport. L'Education nationale entend ainsi développer le dialogue et la collaboration entre les différents acteurs éducatifs.

Un bémol : en réalité, si les communes veulent bénéficier des aides financières de l'Etat, elles sont obligées de mettre en place ces PEDT. "ll n'y a plus de contestation, c'est fini", note Philippe Laurent (UDI), le secrétaire général de l'Association des maires de France, interrogé par Le Parisien (article payant). Autrement dit, les maires n'ont plus le choix...

77% des projets éducatifs territoriaux proposent des activités artistiques et culturelles

"L’examen des 14 000 premiers PEDT fait apparaître que les activités mises en place sont réellement diversifiées", affirme l'Education nationale dans son rapport. Ainsi, 77% des communes proposent des activités artistiques et culturelles, 75% des activités physiques et sportives. Elles sont aussi 40,5% à intégrer des "actions de sensibilisation à la citoyenneté et au développement durable", une question très en vogue "depuis les attentats de janvier et la mobilisation pour les valeurs de la République", remarque-t-on à l'Education nationale, comme le rapporte Le Parisien.

En revanche, le rapport du ministère indique que 50% des communes feront payer les trois heures d'activités périscolaires mises en place dans le cadre de la réforme. Ainsi, par manque d'argent, certains maires se résignent à demander une participation financière aux familles. "On n'est pas dans la qualité promise au début de la réforme, estime Cédric Szabo, de l'Association des maires ruraux, interrogé par Le Parisien. Il y a une inégalité des ressources des villes alors qu'elles doivent toutes relever le même défi."