Une enseignante rapporte que des notes ont été "inventées" dans un jury et dénonce "un bac en chocolat"

Dans certains cas, "la note a été complètement inventée", témoigne une professeure de philosophie. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, assure de son côté que toutes les notes données le sont "sur des bases sérieuses".

Les résultats du bac, ici en 2018 à Paris.
Les résultats du bac, ici en 2018 à Paris. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Alors que 30 000 copies du bac n'avaient toujours pas été rendues par des professeurs grévistes, jeudi 4 juillet, certains professeurs non-grévistes qui participaient aux jurys de délibération dénoncent le fait que certaines notes manquantes ont carrément été "inventées", pour pouvoir donner les résultats du bac vendredi 5 juillet au matin comme prévu.

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C'est ce qui s'est passé dans un jury en région parisienne où les professeurs refusaient d'appliquer les consignes sur le remplacement des notes manquantes par celles du contrôle continu, selon le témoignage de Céline, une professeure de philosophie.

Face à ce refus concrétisé par une motion votée à la quasi-unanimité, elle raconte que le président du jury "n'a gardé que les enseignants du lycée techno". Et quand ils sont sortis de cette deuxième délibération à huis clos, témoigne la professeure, ils nous ont expliqué que pour les élèves qui n'avaient pas eu de livret scolaire rempli, ce qui arrive assez régulièrement parce qu'il y a souvent des problèmes informatiques, on a inventé des notes. On a décidé que si l'ensemble des notes de l'élève dans les autres épreuves du baccalauréat tournait autour de 11, et bien on mettait 11 en philosophie, par exemple. Dans ce cas-là, la note a été effectivement complètement inventée."

"L'année dernière, Macron nous avait gentiment expliqué que pour l'université il n'y aurait pas de diplôme en chocolat, cette année, on a un bac en chocolat à tous les points de vue", a ajouté cette enseignante.

Des notes "sur des bases sérieuses", assure Jean-Michel Blanquer

Jeudi, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est exprimé sur les différentes perturbations du baccalauréat et dénoncé "une série d'affirmations qui sont fausses". "J'ai vu des gens faire un peu les pompiers pyromanes, c'est-à-dire être à l'origine des problèmes, puis dire : 'c'est quand même incroyable, il y a des problèmes'. Oui, bien sûr, ils ont créé des problèmes. Je ne le nierai pas, il y a environ une centaine de centres, sur 1 500, où il y a eu des problèmes", a-t-il déclaré.

Il y a des jurys souverains, qui respectent des règles. Les notes qui sont données le sont sur des bases sérieuses.Jean-Michel Blanquerà franceinfo

"Il est très étonnant de voir des gens qui affirment vouloir défendre le baccalauréat chercher à répandre des nouvelles parfois fausses, qui contribuent à éventuellement dévaloriser le baccalauréat", a estimé le ministre de l'éducation nationale. "Je ne laisserai pas dire que le baccalauréat est dévalorisé de ce fait", a martelé Jean-Michel Blanquer, avant de s'en prendre à nouveaux aux enseignants grévistes qui, "voyant qu'elles étaient impuissantes pour troubler le baccalauréat, ont décidé de gêner le fonctionnement des jurys. C'est évidemment tout à fait condamnable, c'est un sujet qu'on regardera en son temps, parce que quand on est fonctionnaire, on a des devoirs, on n'a pas que des droits."