Retenue des notes du bac : les enseignants "n'ont pas envie de compromettre réellement le baccalauréat", d'après le Snes-FSU

Frédérique Rolet, la secrétaire générale du syndicat a essayé de rassurer les élèves et les parents, à deux jours de la date officielle de publication des résultats du bac. 

La secrétaire générale du Snes-FSU, Frédérique Rolet.
La secrétaire générale du Snes-FSU, Frédérique Rolet. (SOLLIER CYRIL / MAXPPP MAXPPP)

Les enseignants qui retiennent les notes du baccalauréat "n'ont pas envie de compromettre réellement le baccalauréat", a assuré sur franceinfo mercredi 3 juillet Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le principal syndicat de l'enseignement du second degré. Plusieurs assemblées générales ont décidé mercredi de reconduire la retenue des notes jusqu'au lendemain, alors que le ministère a rallongé de 24 heures le délai laissé aux enseignants pour saisir les notes. Frédérique Rolet estime que 25% des candidats aux différents baccalauréats sont concernés par la retenue des notes.

franceinfo : La poursuite ou non du mouvement est décidée par les assemblées générales locales. N'y a-t-il pas un risque de donner une impression de pagaille ?

Frédérique Rolet : Pas vraiment, parce que ces assemblées générales viennent après toute une série d'actions que le Snes-FSU avait lancées depuis près d'un an sur la réforme du lycée et du bac. Comme le ministre s'est bien gardé de répondre sur quoi que ce soit et de reconnaître les problèmes que posait sa réforme, les collègues en arrivent à ces extrémités. C'est souvent malgré eux, mais ils sont très déterminés.

Soutiendrez-vous la poursuite d'un tel mouvement de rétention des notes ?

Selon les remontées des assemblées générales, la plupart des collègues souhaitent retenir les notes 48 heures après le délai. Il expirait normalement mardi midi, le 2 juillet, et il a été reporté au mercredi après-midi par le ministère. Ils n'ont pas envie de compromettre réellement le baccalauréat. On était dans le même objectif lors de la grève de la surveillance le 17 [juin, premier jour de l'examen]. Nous voulons montrer à l'opinion la gravité de la situation. Cependant, le calendrier des résultats de vendredi va probablement être un peu hypothéqué. Même si on rend les copies et les notes jeudi, ce qui est la décision majoritaire des assemblées générales, les jurys ne pourront pas délibérer correctement ce jour-là. Il faut au moins une demi-journée de travail pour examiner les cas des candidats qui sont un peu à la marge. Ça peut donc retarder les résultats du bac, qui devaient être affichés vendredi matin [5 juillet]. Ils pourraient être décalés d'une demie journée, voire un peu plus.

Myriam Menez, la responsable de la Peep, une fédération de parents d'élèves, dans le Val-de-Marne, estimait sur franceinfo que les "enfants sont pris en otage" avec ce mouvement. Que lui répondez-vous ?

Il faut faire attention, et tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Quand on sait ce que c'est, être otage, on fait attention aux expressions quand on parle de "sabotage", comme l'a fait le ministre, ou d'enfants "pris en otage". Ensuite, c'est une idée un peu égoïste de dire qu'on défend ses enfants. Les enfants en question ont souvent un frère ou une soeur qui viendra après. Nous défendons l'ensemble des élèves. On souhaite qu'ils aient un bac qui reste national, que leur lycée ne soit pas une usine à gaz, en matière d'évaluation, comme c'est prévu dans la réforme.