Bac 2019 : des membres de jurys refusent de délibérer sur la moyenne de contrôle continu des candidats

Des jurys ont été perturbés, notamment en région parisienne et en Isère, selon les informations de franceinfo.

Des candidats du baccalauréat, à Strasbourg, le 17 juin 2019.
Des candidats du baccalauréat, à Strasbourg, le 17 juin 2019. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Des membres de jurys du baccalauréat refusent de délibérer sur les notes de contrôle continu, selon plusieurs témoignages d'enseignants recueillis par franceinfo, jeudi 4 juillet. Ils rejettent ainsi les mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer.

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Le ministre de l'Éducation nationale a en effet demandé aux enseignants de prendre en compte la moyenne du contrôle continu des candidats dans les épreuves dont les notes au baccalauréat n'auraient pas été communiquées par des correcteurs grévistes aux jurys qui délibèrent sur les résultats.

Selon les informations que franceinfo a pu obtenir, plusieurs jurys sont sérieusement perturbés. Ces tensions concernent la région parisienne ou l'Isère notamment. Ce sont des incidents dont on ne peut mesurer l'ampleur pour l'instant sur la publication des résultats du bac attendus vendredi 5 juillet. 

"C'est très marginal"

"C'est très marginal, on a compté une vingtaine de cas", rétorque le ministère de l'Éducation nationale, qui réaffirme que "les résultats seront publiés demain [vendredi]".

Ça ne va pas bloquer le système, les jurys peuvent être remplacésMinistère de l'Éducation nationaleà franceinfo

Les enseignants qui refusent d'appliquer les consignes du ministre de l'Éducation nationale justifient leurs positions en parlant de "rupture d'égalité entre les candidats". Certains ont également indiqué à franceinfo que les propos du ministre ont été "contreproductifs", et auraient braqué la profession, y compris parmi les non-grévistes.

"Le mot du jour a été 'incalculable'"

"Le jury a voté une motion qui indiquait que nous refusons de délibérer sur les moyennes de l'année et de remplacer les notes du bac qui n'étaient pas présentes par les moyennes de l'année", a témoigné ce jeudi sur franceinfo, Joseph*, professeur de SES en région parisienne.

L'enseignant fait partie des membres de jurys du bac qui refusent de statuer sur la moyenne générale de l'année des candidats pour les épreuves dont les notes sont retenues par des correcteurs grévistes. Il a indiqué à franceinfo que son jury n'a pu délibérer que "sur une quarantaine de candidats sur 300 au total" : "Le mot du jour a été 'incalculable' : on a dû le répéter je ne sais combien de fois. Ce qui s'est passé, c'est qu'on a pu délibérer que sur une infime partie des candidats. Beaucoup de collègues présents regrettaient d'en arriver à cette situation-là et il y a beaucoup de rancoeur et d'agacement d'être mis par le ministre dans cette situation."

Le jury dans lequel j'étais s'est réuni. Évidemment tout cela a été marqué par beaucoup de tensions entre les enseignants qui étaient présents, beaucoup de stress aussiJosephà franceinfo

Ces enseignants refusant de délibérer sur le contrôle continu ne sont pas des professeurs grévistes puisqu'ils étaient membres du jury mais ils rejettent donc la solution décidée par Jean-Michel Blanquer. On ne sait pas à l'heure actuelle combien de jurys sont concernés. Selon, le ministère de l'Education nationale, l'important c'est le président du jury qui est normalement un universitaire.

Invité sur franceinfo jeudi 4 juillet, Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, a indiqué que mercredi soir, "on était à peu près à 80 000 copies manquantes, ce qui veut dire que ça a diminué de moitié en même pas 24 heures". "On sera a priori en dessous des 50 000 aujourd'hui [jeudi]" à cause de la grève des correcteurs, avait-il ajouté.


* Joseph est un prénom d'emprunt.