"Avec 47 enseignants présents, ce n'est pas gérable" : l'organisation des conseils de classe chamboulée par la réforme du lycée

Depuis la rentrée 2019, les lycéens n'ont pas tous les mêmes enseignements de spécialités, les professeurs sont donc beaucoup plus nombreux à intervenir dans une même classe. La tenue des conseils de classe devient un vrai casse-tête pour les proviseurs.

Une salle des professeurs, à Nancy (illustration).
Une salle des professeurs, à Nancy (illustration). (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"Chez nous, on a 12 spécialités, donc on a fait un scénario, ça donnait 47 enseignants présents au conseil de classe, ce n'était pas gérable", raconte vendredi 22 novembre Christelle Kauffmann, proviseure à Cahors (Lot), déléguée du syndicat des personnels de direction de l'Éducation nationale, le SNPDEN.

La saison des conseils de classe est ouverte, en cette fin de semaine, un rituel qui intervient trois fois par an. Mais avec la réforme du bac et du lycée, l'organisation des réunions qui font le point sur chacun des élèves est totalement chamboulée : au sein d'une même classe, les élèves peuvent suivre des spécialités différentes, avec des professeurs différents, en plus d'un tronc commun.

Résultat : beaucoup plus de professeurs interviennent désormais au sein d'une classe. "Nous c'est la même chose, il y avait à peu près 30 ou 40 personnes qui devaient venir à un conseil de classe chaque soir", confie Lysiane Gervais, proviseure à Saint-André de Cubzac (Gironde), également membre du SNPDEN.

On s'est demandé comment faire, ce n'est pas possible que chacun s'exprime.Lysiane Gervais, proviseureà franceinfo

Cette conséquence n'avait pas vraiment été anticipée. Les responsables de lycées ont donc dû trouver une solution dans l'urgence. Une formule semble s'imposer dans la majorité des lycées : un conseil resserré autour du tronc commun, les disciplines suivies par tous les élèves d'une classe. "Autour de la table, il y aura les professeurs de français, histoire-géographie, langues vivantes. Les enseignements de spécialités, de leur côté, auront un représentant à chaque conseil", explique ainsi Patrick Meunier, proviseur à Bourges (Cher).

Pour les années à venir, c'est probablement cette formule qui devrait être proposée au comité de suivi de la réforme. Autre piste évoquée, se limiter à seulement deux conseils par an, au lieu de trois actuellement. Une réflexion s'ouvre également sur la fonction de professeur principal, qui est, elle-aussi, chamboulée par cette réforme du lycée.

Le reportage franceinfo d'Alexis Morel.
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