"On n'arrive pas à remplacer les profs absents" : les parents d'élèves inquiets des suppressions de postes dans l'Education nationale

Jean-Jacques Renard, le vice-président de la FCPE Paris, réagit sur franceinfo à l'annonce par le ministre de l'Education nationale de la suppression de 1 800 postes dans le second degré et dans l'administration.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l\'Education nationale, à l\'Assemblée nationale le 12 septembre 2018.
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, à l'Assemblée nationale le 12 septembre 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé lundi 17 septembre sur France Inter, la suppression de 1 800 postes dans le second degré (collège et lycée) et dans l'administration. "Il n'y a pas assez de postes dans le secondaire", lui oppose Jean-Jacques Renard, vice-président de la FCPE Paris (Fédération des conseils de parents d'élèves).

franceinfo : Après 6 années de hausse des effectifs, le ministère de l'Education nationale va perdre des postes. Vous vous y attendiez ?

Jean-Jacques Renard : Jean-Michel Blanquer, supprimer des postes, il sait faire. Lorsqu'il était numéro 2 du ministère de l'Education nationale sous Nicolas Sarkozy, il avait supprimé 80 000 postes [il était précisément directeur général de l'Enseignement scolaire]. J'ai cru comprendre que c'était une mesure budgétaire. Mais dans le même temps, on donne des heures supplémentaires aux professeurs qui restent. Quel est le gain ? Il faut m'expliquer comment on gagne du budget.

Dans le même temps, il promet de créer des postes en primaire. Vous le comprenez ?

Dans le primaire, lorsqu'on ferme une classe, un enseignant s'en va et on doit répartir les enfants dans les autres classes. C'est un peu moins douloureux dans le secondaire, mais ce qui est scandaleux, c'est qu'on a énormément de difficultés à remplacer les professeurs lorsqu'ils sont malades ou en formation. Il n'y a pas assez de postes dans le secondaire. Et puis, même en primaire, on a certes dédoublé les CP-CE1 dans les REP (Réseau d'éducation prioritaire), mais dès que les enfants arrivent en CE2, ils se retrouvent dans des classes à 25 ! On a fait des économies d'échelle en bourrant les autres classes. Est-ce que là aussi on ne pourrait pas moduler les effectifs ?

Autre sujet d'inquiétude : les évaluations au CP et CE1, qui commencent aujourd'hui pour plus d'1,6 million d'élèves. Le Snuipp-FSU, premier syndicat des professeurs du primaire les qualifie de "très inquiétantes" car "inadaptées". C'est votre avis également ?

Les enseignants font des évaluations en permanence dans leurs classes. Pourquoi en rajouter ? On est soi-disant dans une "école de la confiance". J'aurais tendance à me demander si ça ne ressemble pas plutôt à une défiance envers le corps enseignant. Et puis, on est encore dans le classement des établissements et dans la mise en concurrence des élèves plutôt que de mettre l'accent sur les connaissances et les compétences. On fait de l'évaluation à la place.